Je viens d’écrire plusieurs articles sur les menaces légales qui pèsent contre ma liberté d’expression sur mon site, je risque des procès pour injure publique, diffamation et outrage, rien que ça les amis ! Great !

Même le plus indigne des criminels publics donc, j’ai quand même bien le droit de proposer des lois. Je propose donc de supprimer la loi de 1881 qui me menace car je l’emmerde cette loi et je propose de rendre totalement sa liberté d’accusation au peuple, voici 2 nouvelles lois complémentaires :

Loi 1 : il est permis d’accuser publiquement tout le monde de tous les crimes et délits possibles et imaginables !

Loi 2 : seul le fait d’avancer des preuves tangibles permet de mobiliser la police et la justice !

Ces deux lois ont 600 points de QI de plus que la loi 1881 sur les injures publiques.

La loi 2 garantit contre toute conséquence matérielle négative les destinataires réels des insultes. Une accusation ne vaut certes pas reconnaissance pénale d’un délit ou crime, ou même d’un vice moral, tout citoyen reste présumé innocent c’est d’accord !

On a le droit d’insulter son patron, son employé, son mari, sa femme, son député, son évêque, son imam, de les accuser de mentir, tricher, voler, abuser, et n’importe quoi d’autre. Avec les jeunes il faut pas, l’insulte est une violence symbolique qu’on n’est en droit de maîtriser qu’une fois reconnu adulte, cela demande une expérience de la vie. On a le droit d’insulter l’Etat, les institutions. On a raison ou tort mais on a le droit de juger. On est peut-être parfois des millions de gens a avoir de mauvaises idées, repensez aux millions de membres du parti nazi bordel ! Mais juste pour des idées et des mots, ça va ! j’ai pas défilé dans la rue non plus avec un mégaphone, j’écris mes bêtises sur mon ptit site à moi.

Une règle d’usage de l’insulte doit être que le destinataire, celui visé par l’insulte, doit être en capacité de répondre ! pas question d’insulter des gens qui, s’ils le voulaient, ne pourraient pas répondre aux accusations. Marine Le Pen est un cas spécial, car aboyer des arguties n’est pas parler madame la présidente du Front Nounouille.

Je suppose que, dans le monde de ma légalité à moi, il y aurait des accros du pamphlet. Chaque candidat à toute élection serait férocement caricaturé par des cyniques de talent, des satiristes acides, et aussi de parfaits connards de droite ! Verbalement, on aurait bien le droit de s’engueuler entre militants, sans se taper sur la gueule, mais en combattant symboliquement pour défendre nos idées et attaquer celles des autres, l’athlétisme idéologique est un sport autorisé, assez libre, avec quelques règles de bon sens. Pas les enfants, pas les handicapés 🙂 . Mais les femmes c’est ok !!! elles peuvent insulter et être insultées, une ministre aussi, c’est une femme adulte et responsable, elle est insultable de plein droit comme n’importe quel autre citoyen français. On a le droit de critiquer vertement ! et d’avoir la langue fourchue et la truculence diabolique, on a le droit de délirer des accusations sans que la police saisisse notre ordinateur pour inspection au laboratoire des Idées !!

Sans doute que les volumes de caricature pourraient aussi donner une indication intersubjective du niveau de confiance des gens envers quelqu’un ou quelque chose, comme un sondage – c’est permis, l’Elysée en payait sur fonds publics : après avoir lu telles et telles accusations sur quelqu’un, les témoignages colleraient ou sembleraient, hum, douteux, cela serait un peu plus transparent malgré, justement, les erreurs de perspective, les mauvaises fois de l’accusateur lui-même, évidemment, tout le monde peut se tromper. Même les juges, souvent.