2_Hors-Les-Murs

Présentation

Hors-Les-Murs (HLM) raconte ma véritable jeunesse dans un HLM de Chaumont, Haute-Marne, un des trous du cul du monde, qui en possède plusieurs, l’enculé.

Il prend le parti strictement opposé à mes autres œuvres d’inspiration autobiographique, Histoire du jeune homme, Scènes de la vie occidentale et Balades autour de l’axe central (en fait, tout est autobiographique à des degrés divers de déni et de transposition).

Il raconte donc une série de délits, de crimes, d’anecdotes glauques, de faits divers sordides, et tous les faits mentionnés y sont aussi vrais que ma mémoire a pu les reconstituer.

J’ai pris le parti légalement risqué de donner tous les noms de personnes, de lieu, et les dates ou une indication chronologique quand je le pouvais. Il se pourrait que certains veuillent m’attaquer un jour en justice pour avoir dit leur nom et rapporté des faits où ils se sont trouvés impliqués. S’ils passent par ici, et pour mon lecteur, je veux dire ceci : je considère que la distinction usuelle entre vie privée et vie publique est bien commode pour cacher le mal qu’on fait et protéger ceux qui agressent, mentent, volent, violent, etc. Bien des choses qu’on dit privées sont des questions d’ordre public, de santé publique et de morale politique – notamment la manière de traiter les femmes et les enfants. J’ai choisi de lever brutalement le voile sur un pan bien caché de la réalité sociale française – qui a bien contribué à détruire en moi toute confiance en autrui et à me laisser brisé pour longtemps. J’ai eu la chance de survivre à tout ce calvaire, qui n’a d’ailleurs jamais cessé, qui continue. La société n’a pas tellement changé depuis ces années 1980-90 dont je parle.

Je suis titulaire d’une licence d’Histoire obtenue à l’Université Paul Valéry / Montpellier III. J’étais un excellent étudiant (17/18 de moyenne en DEUG, en licence j’ai eu de moins bonnes notes parce que je n’avais pas le temps de bosser pour la fac, j’écrivais mes livres, notamment Scènes de la vie occidentale). L’étude de l’Histoire – j’ai été explorer bien plus loin que les foutus programmes officiels – m’a évidemment donné une forte conscience des méthodes de l’historiographie (l’écriture de l’Histoire). En l’occurrence je n’ai pas travaillé sur documents ni sur étude statistique, mon texte est carrément impressionniste, mais on y sent quand même le projet presque « micheletien » de dire le réel historique (Michelet parlait d’une « résurrection intégrale du passé » si je me souviens bien, et il envisageait plutôt les passés glorieux, épiques, même issus des âges obscurs : moi, prenant son contre-pied, j’ai choisi de raconter l’envers de l’Histoire, celle des pauvres qui s’entretuent dans un âge obscur qui se passe il y a 20 ans à 300 km de Paris), même contemporain et toujours brûlant, sans rien travestir en essayant de faire preuve de la plus grande honnêteté intellectuelle. Je dénonce au passage quelques-unes de mes propres erreurs de jeunesse. Ce texte est clairement l’œuvre d’un justicier pas masqué, qui persiste et signe la dénonciation littéraire de fautes qu’il a commises et observées.

A propos du titre, j’espère qu’on aura saisi l’allusion en forme de retournement au célèbre film « Kramer contre Kramer » dont le thème est le déchirement d’un couple qui divorce avec un enfant entre les deux ? J’avais vu ce film dans mon adolescence et l’avais trouvé juste.

Histoire éditoriale

Hors-Les-Murs a été publié pour la première fois en 2007 comme un des éléments du livre/catalogue d’artiste d’Anne-Valérie Gasc BOMB BUNKER BUSTER, que je vous recommande, aux éditions marseillaises Images en Manœuvre. Il est en fait une œuvre de commande de la part d’Anne-Valérie, avec qui je venais de faire passionnément connaissance et dont j’étais salement amoureux à l’époque, puis elle est devenue une amie. Je signe un autre texte, de « fiction critique » dans cet ouvrage : Embrasement Généralisé Eclair, inspiré d’un phénomène bien connu des pompiers : l’embrasement soudain de toute une pièce où un incendie a commencé à prendre. C’est arrivé une fois dans mon HLM quand le frigo a pris feu sur notre balcon : évacuation générale. Ce frigo devait être quelqu’un d’intelligent et responsable qui avait compris qu’il était temps d’en finir d’avec ce milieu toxique à mort.

Je republie donc aujourd’hui ce texte à mon compte avec l’autorisation explicite d’Anne-Valérie, mais pas avec celle de l’éditeur, puisque je suis décidé à rompre avec toute la clique éditoriale définitivement (du moins en France, il n’est pas impossible que je me fasse publier en anglais et en allemand. Nul n’est prophète en son pays 😉 ) Mais je n’ai rien contre cet éditeur-ci qui publie de jolies choses. Je me passe de lui, tout simplement.

Les illustrations de couverture et à l’intérieur sont l’œuvre d’Anne-Valérie Gasc qui est une poseuse de bombe donc attention attention !!! 🙂

 

Hors-Les-Murs