Un scandale au couvent
Oscar Panizza
Traduit de l’allemand par Jean Bréjoux
La Différence
188 pages, 7 euros.

 

À la fin de trois nouvelles sur huit, les infirmiers entrent et embarquent le protagoniste : direct à l’asile. Il faut dire qu’Oscar Panizza, formé pasteur piétiste, devenu aliéniste anticlérical, aligne bizarrerie sur bizarrerie.

Un noir du Soudan, acrobate hors-pair, importé en Angleterre pour y danser furieusement, se découvre blanc, et vient requérir un certificat chez son médecin de Hambourg. Les infirmiers entrent. Un chef Sioux (y en avait-il beaucoup en Allemagne vers 1870?) exige une dose massive de poison, pour distribuer à son peuple qui veut mourir. Il s’explique, on l’enferme. Tandis qu’un fan de Swedenborg veut évacuer le plaisir de la procréation, un policier vient témoigner : dans le parc de Tavistock Square, roses trémières et magnolias pratiquent l’onanisme (CQFD?)

Entre délire exotique et fantaisie érotico-mystique, il n’y a guère que le sens qui reste ouvert, dans ce livre ; au contraire de la porte de l’asile de Munich qui se refermera sur Panizza, peu avant sa mort en 1921.