Craques, coupes et meutes raciales
Harmony Korine
Al Dante
184 pages, 17 euros.

 

Trisomiques américains, pédales, violeurs, adolescentes tueuses en tee-shirt Elton John, lesbiennes en plein rapport hétéro, voici la faune rock, sauvage, weird, qui laisse ses traces écrites entre ces pages.

On connaît Harmony Korine scénariste d’un film (Kids), réalisateur de deux autres (Gummo, etJulien Donkey-boy, le Dogma # 6), également vidéaste, photographe, plasticien. Écrivain, il est ici le documentaliste d’une sorte de déchetterie d’écrits déglingués, – récits d’une phrase, extraits de romans pas encore écrits, scénarios de films ni faits ni à faire, lettres narquoises de suicidés guillerets, s’achevant sur un cordial « à plus tard », portraits inquiétants de poupées en uniforme Ku Klux Klan, éclairs de génie sous acide (retenez bien la phrase « Henry Fonda avait des actions Honda »), fragments de conversation plouc.

Sans trop forcer le trait d’une écriture alternative, Harmony Korine séduit, reste soft, donne à voir sans juger dans un beau tas de paperasse griffonnée, sarcastique, pleine de vie, sur le sol.