A ma sœur Louise Vanaen de Voringhem. Aux trois significations des syllabes phonétiques [KORE] ; à Delphine, et à sa Jung-Hwa, à Jung-Hwa et à sa Delphine, re. You know you’re right. A Pauline, dans le méandre bisontin. A Fleur, à Nîmes qui est une Naples comme Montpellier. A Sébastien à Lille et au fœtus qui dans Sonia sera bientôt son fils ; aux Parents. A l’avortement. A Emilie dans la même capitale, meubles à la céruse, vagabondage, – à sa colère. A Nathalie de Bordeaux, le linge qui sèche et le chien noir, blanc, illustre. A Thierry, frais comme un gardon et qui nage. Aux métisses du Bénin et notamment à Gaëlle, qui observe autrui et en paye légitimement le prix en recevant des gifles dans le métro ; au métro lillois lui-même, son pittoresque angoissant à l’avant de la rame entre Cormontaigne et Pont de Bois, – ce regretté tunnel. A François N, beat-generation-boy traînant ses deux mètres entre Nancy, le Japon et Paname ; au Viet-Nam, où sont les mines qui font sauter les gens. A l’autre Thierry, qui connaît ma cousine, et spéciale dédicace au Neuf-Trois, hey yo, à Eminem, et tant pis pour les filles, mais pas au Cinq-Deux, et tant pis pour les vaches. A Vivian qui subissait Delerm fils ; à Philippe qui lui faisait subir. A Raphaël, qui sera Cardinal ou l’est déjà en secret, et qui est italien comme Claudia. A notre sœur la mort corporelle. Sa cornette bleue tournée à la mer du Nord. – Pour les naufragés. Et parmi eux, pour autrui, sa vie, son oeuvre, ses événements.

A ma sœur Léonie Aubois d’Ashby. Baou – l’herbe d’été bourdonnante et puante. Au travailleur du Temps Machine. A Joris, danse, dans, danse, danse. A Stoffel, s’il est en Allemagne encore et puisqu’il est dans Hjh. A Jean-Marc – à la musique. Aux évangélistes ; aux télévangélistes. A Michael et aux particules physiques. A Yvan, qui connaît Rotterdam Terror Corps, « Tear-drops / are falling from my eyes ». Aux psychoses hardcore, semer la terreur en Hollande. A Julie, hystérique anale qui jouit en Inde, où vit le Fleuve Gange, vieille et vaste machine à laver les âmes de tous les pays. Je rends propre de tout mon cœur : il part dans cette hargneuse lessive. Je vois longtemps la mélancolique lessive d’or du couchant. Aux Successeurs qu’il serait de bon goût d’être. A Charlotte, que je ne connais pas mais dont j’aime le prénom, aux arabes qui refusent de perdre leur culture dans un sens ou dans l’autre, et qui s’appellent parfois Chihab, étoile filante. J’aime aussi ce prénom. Au prénom « Lune ». A Isabelle, qui vint un soir de la « ville des montagnes ». A Kazaa. A François N encore, qui s’était inscrit deux fois, mais tout est rentré dans l’ordre, sauf son bras bien sûr, qui a quitté son épaule pour d’autres horizons. A Mr Dominique Cotte, qui nota un rapport de stage sans même en regarder la réalisation, mais qui en soutenance évoqua la chronique « sur la disquette », il faut faire des choix dans la vie. Pour la fièvre des mères et des enfants. Pour l’oppression des étudiants.

A Lulu, – démon – qui a conservé un goût pour les oratoires du temps des Amies et de son éducation incomplète. A Jim, qui est peut-être en Afrique (vous vous rappelez quand on était en Afrique ?), à Klaus quand il joua une femme pour une pièce de Cocteau en un acte en 1947, à François V, du quatorzième siècle, à François X du 14è arrondissement. A Julien K, comme Kafka, à Marie C, comme Phoque, à Julien B, comme Ruisseau, et à sa sœur, qui n’est pas rousse, contrairement à une perfide rumeur très capillo-tractée. Gruppeknell. Vemod. Idioterne. A vendre les Corps sans prix, hors de toute race, de tout monde, de tout sexe, de toute descendance. A l’expatriée qui m’émeut – à l’aéroport de Berlin, le cœur vibrant, attend l’avion de Madrid ; au français de Barcelone dont je saurai un jour le nom – aux adolescentes espagnoles, chaudes dans les rues chaudes. Pour les hommes ! A madame ***.

A l’adolescent que je fus. A Patrice, à Ruth, et aux enfants de la chance, qui n’ont jamais connu les transes du shoot et du shit – juste pour la rime. A Philippe de Genève, mammifère sans os et au regard de soie. A Thibaud et à la misère en Indonésie, les trains qui déraillent sur des taudis cent mille fois pires que le mien ; au (javanais)Livre de Centhini dont je lis une réécriture – les vulves de bronze et le satori – illumination. A Qalaoun, piqueur de viande, et au soldat Nénars, joues rouges, un coup de lett – au roi El-Saleh-Ayyoub, qui sait tout d’avance. Au dessinateur belge, mais peut-on être belge sans être dessinateur – non. Marie M. avec son si joli manteau qu’elle a eu le talent et le goût de faire elle-même. A l’action ; aux démonstrations ; aux manifestations. A Victor Ward (est-ce dans le script ou pas ? Je n’étais pas au défilé Ralph Lauren). A Don dont l’œuvre est plus grande que le fleuve et que l’acte, bien que l’acte et le fleuve soient grands déjà. Les musiciens de jazz émettant une légère odeur d’herbe. A ce saint vieillard, ermitage ou mission.

Au web indé, à Mona, à rezo.net, au rock indé, aux ados criards de The Music (la piste 5, Float, la gratte hallucinante de la 3è minute). A tout le non-web et à tout le non-rock. A la guerre brave de tous pour la joie de tous, nommée art. A Kid Koala et à DJ Shadow, à De-Phazz, à Vivaldi, à Domenico Scarlatti, aux inédits de Nirvana, des Doors et de Noir Désir. A la santé du feu ; et de la flamme ; à ton étoile. A René Monory et à ses vacanciers bleus, à Frank Horvat ; aux running-jokes et aux références sans cesse reprises qui nous guident dans la Voie de la haine de soi brute, brutale et purificatrice, pour faire de l’art un de ces jours. A l’Etat et à la redistribution sociale des richesses. A Sparte, allusion que je suis assez seul à pouvoir comprendre à l’heure actuelle ; aux philosophes de l’altérité, dont Emmanuel Lévinas, ici, c’est rempli de phrases que je ne continue pas. A toute cette masse considérable de figures d’Autrui qui apparaît derrière l’écran, vibrante, belle, plus riche encore que l’Occident et sa Bourse. A toi que j’eusse aimé, à toi qui le savais. Ni ardent ni faible. A l’esprit des pauvres. Et à un très haut clergé.

Départ dans l’affection et le bruit neufs. Arrivée dans autrui.