L’existence d’Amnesty International est à leurs propres dires un scandale : tout simplement, AI ne devrait pas avoir besoin d’exister. Si elle existe, c’est qu’il y a des porcs ; leur existence est le 1er scandale.

Que la morale elle-même passe pour une conne est un scandale. « Je ne voudrais pas avoir l’air de faire la morale. » Moi, je donnerais tout ce que j’ai pour avoir l’air de faire la morale. (Mais c’est peu).

Une variation entre 399 et 400 millions francs représente autant qu’une variation entre 0 et 1 million de francs  ; que l’homme le plus riche du monde ait une fortune égale à celle du PNB de plusieurs pays pauvres ; que cet homme accepte cette richesse (est un scandale).

Qu’un rmiste français se plaigne est un scandale, quand un Etat lui assure ce RMI, quand un pays voisin assure 0 franc. Saules pleureurs, allez mouiller vos feuilles de paye dans un autre pays ; choisissez : Grande-Bretagne ou Suisse. Etats-Unis, Nigeria.

Que l’album de Britney Spears se soit vendu la première semaine à 2,4 millions d’exemplaires est un scandale. Qu’elle soit récompensée pour cela, de même. Il y a toujours des ramasse-miettes pour fêter et soutenir la puissance. 2,4 millions de fois 100 francs (mettons : le prix de son album) : 240 millions. Soit 8 000 ans de RMI environ. De quoi tenir depuis le néolithique !

Le show-biz caritatif est un scandale. Tout simplement, ces gens ne peuvent prétendre avoir une attitude humaine : leur richesse, quand existe quelqu’un, sur la terre, qui ne se nourrit pas, leur retire l’humanité qui eût été nécessaire à créditer leur acte du qualificatif de « caritatif ». MC Solaar touche des millions pour chanter sa connerie sur le RMI ; vraisemblablement, il n’a localisé là-dedans aucun problème. Dans son pieu, Ophélie Hiver, à qui dieu a donné une foi à toute épreuve, non plus.

Le télévangélisme américain est un scandale. Christ a dit de parler, non de vendre. La parole du Seigneur ne se prêche pas par la gesticulation ; une attitude humaine ne se dit pas, elle se constate. Une attitude chrétienne de même. Humain et chrétien, c’est la même chose ; ce qui signifie qu’on peut être catholique ou protestant, orthodoxe, musulman, bouddhiste, animiste, athée. Mais qu’on ne peut pas être ça + vendeur d’aspirateurs à la criée.

Il y a des femmes qui ont au cou la valeur de 100 ans de SMIC. Une violence sociale incommensurable pend à leurs deux oreilles ; elles n’en baissent pas la tête pour autant. Le crocodile de leur sac devait n’avoir que de l’air dans les veines, pour qu’il pèse si peu à cette femme.

Si le Christ était ici avec nous, je le prendrais dans ma main et je vous tabasserais la gueule avec. Amen. (Et il durcirait son corps afin de vous faire plus de mal.)

Les prêtres ridiculisent le christianisme ; certains chrétiens et certains non-chrétiens l’honorent. Les religions tiennent dans le geste d’un croyant envers un homme, un animal, une pierre. Elles tiennent dans les temples obscurs. Elles explosent devant les caméras. Pauvre tradition catholique, qui laisse l’Eglise aux mains d’un homme sénile, comme dans un geste de mépris envers les fidèles : « un impotent, cela devrait vous suffire ; de toute façon, vous êtes peu nombreux ».

Etre dans l’opinion quand la vérité est à portée de main. Interrogé, le coupable répond «  je n’étais pas au courant que mon cerveau me permettait de tendre la main ». Il la tendait pourtant, quand il voulait frapper un homme ou fist-fucker une femme.

Si tu veux être mère après avoir passé l’âge de la maternité, peut-être la science, le droit et ta propre ruse te le permettent ; c’est ton enfant qui ne te le pardonnera pas, simplement. Il y a des gens qui veulent un enfant, parce que ça fait joli dans leur salon. Des fois ils préfèrent un chien, c’est chacun ses goûts.

Une pop-star s’avance avec un grand naturel devant l’Artifice en personne, et annonce : je ne fais pas ça pour l’argent ; de l’or en barre lui coule des yeux comme du rimmel pleuré sur sa triste condition.

Il n’y a pas 5 francs pour une bonne œuvre, mais il y a des milliards pour de la merde en barre. Et la situation ne sera pas inversée, dans aucun au-delà. C’est cela la réalité : une infinité de petits choix idiots, créant une injustice de masse, sans aucune perspective de punition. Liberté garantie. En fait, cette réalité, elle devrait vous terrifier plus que n’importe quel enfer : le mal est possible, et il peut rester impuni ; ergo, je ne le commettrai pas !

Chaque faute de langue est un scandale, autant chez le beauf que chez l’intellectuel. Eminem et Deleuze sont dans le vrai ; Céline Dion et BHL, dans la merde brillante. La langue n’a pas été donnée pour qu’on fasse avec, chaque jour, un remake de « massacre à la tronçonneuse ». Jean-Pierre Chevènement a dit à la télévision : « la question qui se pose est de dire : comment pouvons-nous être chez nous ». Moi, si je ne sais pas parler, je ne parle pas ; je délègue la parole, puis je vote. C’est la question qui se pose de dire que j’exprime, entre parenthèses, au jour d’aujourd’hui, incessamment sous peu.

Vous avez l’air de croire que le Missouri est plus proche de vous que le Limousin. Sauf si vous êtes au Canada, c’est faux. Regardez mieux. Avis aux amateurs : ne gaspillez pas des avions: ce sont NOS HLM qu’il faut descendre ; notre habitat en boîte, sous pression et jamais décapsulé.

Vous savez parfaitement où est le bien, on ne peut pas dire le contraire. Vous pouvez nier et dire « on ne m’a pas éduqué dans ces valeurs » : c’est inutile : ces valeurs et leurs contraires sont tout autour de nous ; c’est vous qui choisissez celles qui vous permettent d’arriver à vos fins de la manière la plus grossièrement agréable.

Arrêtez de faire des films à propos de tueurs en série.

C’est votre faute, je pense, si Abbas Kiarostami est moins connu que Steven Spielberg. Chaque fois qu’on vous dit : il y a 200 millions contre 1, vous choisissez le 200. Les Grands Merdeux Médiatiques sont nos artefacts collectifs ; chacun de vous, par ses choix esthétiques et moraux, choisit pour toute la collectivité ; chaque fois que vous achetez le produit vanté par une pub vulgaire, vous fortifiez ce produit et cette pub ; et c’est contre moi, entre autre, que vous agissez. Le fait que vous soyez une majorité vous protège, pour l’instant. Et peut-être pour longtemps.

Les chaînes de télévision croient malin de diffuser des programmes médiocres pour boucher les trous de leurs grilles ; ils en attendent de petits revenus publicitaires. Financer des médiocres, rendre possible, activement, l’existence de la médiocrité (est une attitude déplorable).

La légèreté est un crime grave.

Il y en a qui avaient un bon fonds, et qui se sont pervertis, morts d’épuisement. Pauvres d’eux. Ils sont autant à plaindre que le lapin qui tua un chasseur, et qui fut assassiné lâchement par une carotte terroriste. Tous les trois étaient vraiment à bouts de nerfs ! Mais chacun a ce qu’il mérite. Résistez au mal ; il paie ; mais son argent est de la monnaie de singe.

La révolte ne souhaite que sa fin. Exactement comme AI. Il y en a qui se sont spécialisés dans la contestation : stars de rock, DJs, partis des extrêmes ; ils souhaitent sa continuation. Il y a aussi de bonnes images de marque à se faire dans le secteur des virus et des maladies : ils s’y implantent donc, néocoloniaux de la conscience.

L’Oréal existe, parce que je le veux bien. La faillibilité d’un seul entraîne celle de nombreux autres. Femme, on te dit que tu peux être belle, et ta réaction n’est pas « ils m’insultent », mais « oh, comme j’aimerais être belle ». Tu seras belle quand tu cesseras de mentir. Si ta peau n’est pas propre, sa saleté est belle. J’aime un gros cul authentique mieux qu’un petit cul trafiqué ; devant son cocktail, le chirurgien esthétique réfléchit aux moyens de te faire oublier ma phrase.

Cessez de chercher la beauté du corps et des parures. Quand vous serez humains, vous comprendrez.

Pas besoin de prendre des médicaments contre tout. Pas besoin de s’abstenir de l’expérience grippale, dépressive, tremblementationnelle. Ce ne sont pas des maladies, mais des états ; profitez des états, et changez-en seulement quand ils vous lassent (avec des médocs).

J’ai Claudia Schiffer devant moi et je ne la baise pas. Exception ? Si vos idéaux ont des exceptions, c’est bien qu’ils ne touchent pas l’homme fondamentalement. Et mes propos ?

Chouette, je suis un porte-manteau et je gagne 100 000 francs en une heure. Comme je les baise bien, les autres ! Je leur montre mes seins « divins », il semble bien que ça leur suffise.

J’ai vu des fanatiques du relativisme esthétique. Avant de réfléchir, ils ont déjà conclu : « moi, je n’aime pas ; mais j’ai raison, après tout, c’est subjectif ! » Et on se laisse dire ça sans allonger une bonne claque de cow-boy ; c’est qu’on est très calme.

Ne sentez-vous pas que ce sont les puissances économiques qui jugent à votre place ? Que, le livre que vous avez en mains, c’est l’éditeur et son distributeur qui vous le mettent, et que cela ne relève de votre libre-arbitre que dans une faible mesure ?

Il y a un « tube de l’été » parce qu’une compagnie l’a décidé en hiver ; si c’était la qualité que vous choisissiez, il n’y aurait en tête des charts aucun livre et aucune musique d’aujourd’hui. Nos écrivains-stars peuvent remballer face à n’importe quel classique. Mais Gallimard met moins de fric sur Racine que sur Sollers. Quel homme ridicule d’ailleurs, qui a pu faire Drame, un si beau livre, et ensuite tant de facilités théoriques et fictionnelles.

Aujourd’hui, la liberté consiste à maintenir à chaque instant une attitude active de recherche. Passer les charts et chercher, de nous-mêmes, là où on nous prévient quand même un peu, dans les revues obscures, les radios cheap, les sites inconnus, quels sont les bonnes musiques, les bons textes, les bons films. Enfin, je veux dire : les musiques, les textes, les films.

Il y a des rappeurs qui resteront scotchés devant Vivaldi. Il faut qu’un grand ténor apprécie Eminem ; et fasse cesser l’attitude de mépris d’une culture envers une autre ; il y a une seule beauté sous des formes diverses ; de rien et d’une grande tradition, cette beauté peut émerger ; si elle émerge, c’est un devoir de la reconnaître. A quoi servent ces revues spécialisées dans la solidification d’un goût ? A conforter une stratification sociale. Erreur.

Si vous aviez des Enfants, vous ne leurs achèteriez pas des Big Jim. Vous avez peut-être de petites choses qui bougent chez vous ; aussi mignons qu’ils soient, tant qu’ils consomment Pokémon, ce ne sont pas des enfants, des petits d’homme. Ce sont les fils d’emballages plastiques, sans contenus. Ils seront directeurs commerciaux.

Auchan fait payer au prix fort la lumière qu’EDF lui fait payer au prix fort pour qu’Auchan puisse vendre au prix fort dans ses magasins les shampoings que L’Oréal lui fait acheter au prix fort. Seuls les esprits forts résistent : ils vont à Lidl (mais ce faisant, participent à l’exploitation des caissières).

L’homme est fait de multiples couches. J’appelle « crime contre l’humanité » tout roman qui, en l’homme, ne considère qu’une couche, le plus souvent, celle du social contemporain de l’auteur, auquel j’applique, d’autorité, le terme bien choisi de « connard ». Si dans le même roman, je ne trouve que cette couche de l’homme, et rien du reste de l’univers, j’appelle ce roman « crime contre l’univers ». Ce faisant, je renomme les 9/10è de la production romanesque de l’AOC (copyright LB) « crime contre l’univers ». Nom d’éditeur, nom de collection, nom d’auteur et titre, crime, crime, crime, crime.

Il n’y a, et c’est terrible, aucune conspiration. Une conspiration a une tête. Une société de consommation a surtout un corps.

Des puritains veulent nous cacher le corps. Des porno-businessmen ne veulent nous montrer que lui. Pour ma part, je souhaite qu’on en arrive un jour, enfin, au porno des personnes. Vous regarderiez, avec un plaisir sain, deux personnes possédant un corps, beau ou non, ou plutôt nécessairement beau, et qui pratiquent l’amour ; baisent, sucent, enculent, amoureusement ; palpent, caressent, embrassent. Amoureusement ? Vous voulez dire, que des couples réels ? Non, je veux dire, des personnes qui ont une relation sexuelle parce qu’elles s’attirent mutuellement. Ah, mais je commets une erreur ! ce porno là, de l’amour, ce n’est pas ce dont vous êtes demandeurs ! Vous voulez le porno de la haine, suis-je bête ! Celui : du fantasme, de la destruction, du rapt, de la soumission, des rapports de force. Pas de porno chrétien ! dites-vous. Un porno christique, que je réclame. Il y en a déjà. Minoritaire, comme tout ce qui est bon, quand on vous le livre.

100 fois par jour je me répète « Etienne de la Boétie, Servitude volontaire, Etienne de la Boétie, Servitude volontaire… » J’en ai mal à ma bouche, sans parler de ma tête.

Femme laide et grosse de 50 ans, cela te plaît-il tellement que La Redoute te crache dessus dans son catalogue en plaçant les vêtements qu’elle voudrait te faire acheter sur le dos de mannequins minces, belles et jeunes qui sont ton antipode ? Tu souris trop de la flatterie pour commencer à réfléchir à la manière de t’essuyer le visage ? Tu veux mon mouchoir ? Ou, tu crois vraiment que tu es cette pouffiasse sur papier glacé ? Tu feuillettes ces pages riches dans ta cuisine pourrave, sur ta toile cirée kitsch ornée de casseroles et de canards.

Pas la peine de te foutre en minijupe, on sait que l’être humain a un cul. Moi, je ne me mets pas une pancarte « écrivain » sur la gueule, les rares fois où je sors. Quand je me défroque le soir, j’enlève ma chemise, j’enlève mon pantalon, j’enlève ma montre ; mais je garde mon honneur, toujours sur moi. J’ai dans ma peau une poche spéciale.

Nestlé, ce n’est pas un yaourt, que tu veux me vendre. Si c’était un yaourt, ça se saurait. D’ailleurs tu ne veux rien me vendre. Tu te fais belle dans la folle du logis, parce que c’est mendier que tu veux. Tu viens me SUPPLIER D’ACCROÎTRE TA PUISSANCE. « S’il te plaît, donne-moi dix francs ! ». « Non. » « Allez, donne-moi dix francs, et tiens, je suis pas vache, je te donne un yaourt en échange ; il m’a coûté trois francs, cela fait que je ne te demande plus que sept francs. C’est honnête ! »

PDG de Nestlé, tu n’es pas raisonnable. Tu crois qu’avec une femme à poil se barbouillant suggestivement la bouche avec un produit lacté, tu vas pouvoir me faire bouffer ta merde aux morceaux de fruits, et, en conséquence, toi, à force, te taper du saumon fumé au déjeuner. Tu te mets le yaourt dans l’œil (mais, crois-moi, c’est la mauvaise place).

Conscience, tu me choques. Pourquoi désertes-tu si souvent ta place ? Pourquoi ne fais-tu pas ton travail ? Détestes-tu l’homme à ce point ?

Vous ne vous aimez pas, et en plus, vous êtes orgueilleux au point de dire, « tiens, je vais collaborer avec la merde, afin de bien exprimer mon ressentiment ». Et votre haine enrichit les pauvres d’esprit spécialisés dans la production de vos distractions. Vous les payez pour vous faire oublier à quel abject point vous en êtes arrivés. Alors, Besson, un seul Hollywood ça suffisait pas à tes yeux ?

Vous croyez que la littérature n’a aucun impact, jusqu’au jour où vous prenez mon poing littéraire sur la gueule. Car la littérature, c’est moi : c’est ce que dit, à tort et à raison, tout auteur.

BMW de classe et Golf GTI qui croyez pouvoir doubler la légalité sur l’autoroute, vous avez tort d’ignorer celui que vous pourriez faire à mon corps si nous nous rencontrions de trop près ; de fait, je suis content, quand je vois qu’une glissière de sécurité ou un platane a ramené votre morgue à de plus justes proportions. Vous aussi, vous vouliez faire Béthune–Marseille en 1 heure, dans la voiture du surhomme, avec d’un bout à l’autre puissance et confort ? Hum, petit tas de chair brûlée et de sang ? Et moi je passe, tranquille, décontracté, à 110, estimant que vous, vous êtes passés un peu vite de 200 à 0 km/heure. 0 km/heure, c’est peu ! Enfin, c’est assez pour ce que vous aviez à faire. Et c’est mieux pour moi.

La preuve que vous reconnaissez la grandeur de l’art, c’est que vous ne le recherchez pas. Vous vous dites « peut-être que si on s’y met à beaucoup, on pourra éliminer cette chose qui nous ridiculise ? » Et certes, le nombre vous rend forts, mais le manque de pratique intellectuelle vous fait de petits bras. Un bras d’artiste = 100 000 de vos bras. « Nous sommes tous égaux ! » « Non. » « Compare-toi encore une fois à Lars Von Trier, et j’élève un pitt-bull contre toi », dis-je, dans ce style néo-biblique que vous appréciez tant.

« Je n’ai pas fait exprès. » Si : tu as choisi de ne pas te mettre en situation de conserver le contrôle. Des sciences et des arts te permettraient d’agir plus correctement : tu fais exprès de négliger qu’ils sont à ta portée.

« L’art doit venir aux gens. » Non, les gens doivent venir à l’art ; l’art, c’est votre problème, pas celui de l’artiste. Encore faut-il que lui-même ne se mette pas stupidement à des kilomètres de distance – l’hermétisme : un anti-art. Juste mesure : entre la prestance intellectuelle et la moyenne intellectuelle, nicher là son art. Philip Glass peut être écouté ; pas Boulez.

Qui gagne perd, du moins à votre jeu.

« Je critique le capitalisme. » Tu prouves qu’il est bon. S’il n’existait pas, à l’âge de cinq ans la rougeole t’aurais emporté illico outre-tombe. L’avantage : cela t’aurait évité de sortir, 25 ans plus tard, une connerie plus grosse que ton ventre.

Les rappeurs riches mettent dix millions de francs dans un disque qui dit : révoltez-vous contre votre pauvreté. Les pauvres achètent et s’appauvrissent. Les rappeurs riches apprécient cet acte de révolte qui « témoigne d’une prise de conscience ».

« Je hais la police. » Vas-y, crache dans la soupe, mais bois-la. Tu vis dans un Etat de droit, ta collectivité t’assure les moyens de se faire respecter, et tu protestes. Les CRS sont là pour te faire fermer ta gueule. Sur le bord de la route, je les encourage.

Il y avait une femme en Channel devant un bureau en ébène ; elle vantait Marx ; et elle ne sera pas punie.

Tu n’as pas faim mais tu manges. Comme dans les zoos. Même chose pour l’hygiène : rapport entre le marché du déodorant et les ratons-laveurs, qui ne lavent leurs aliments qu’en captivité.

Tu as une piscine, DONC tu as une femme. Il y a un mot de trop dans cette phrase. Un indice : en 4 lettres.

Le monde est de la confiture et vous êtes des cochons.

« Cool, la planète se réchauffe, je vais pouvoir me promener en string sous le soleil de Kiev, en janvier. »

« Ma fille veut être mannequin, c’est bien, elle va acquérir le sens des responsabilités. »

Après tout, pourquoi vouloir développer l’intelligence ? Parce que l’intelligence est le vecteur moral et qu’elle rend à chacun ce qui lui est dû, à chaque chose du monde ce qui lui est dû. La mère d’un enfant autiste a 10 de QI et 0 en connaissance : elle fait des lavements de force à sa fille. Bruno Bettelheim, QI et études supérieures, réintègre cet enfant à sa place, dans l’ordre humain ; l’ignorance détruit complètement en un an, l’intelligence répare partiellement en dix. La science fait le bien et l’opinion fait le mal. Qu’est-ce que la chirurgie esthétique ? Une pratique, issue d’une science, soutenue par des techniques, mise au service du redevenir-humain : grands brûlés, défigurés etc. L’opinion, mise au courant des techniques, dit : « je veux me faire refaire les seins, enlever les rides ; c’est normal ; les primitifs aussi interviennent sur le corps. » Faux : ils interviennent pour rendre humain ; or dans votre culture, vous l’êtes déjà. Ils portent des signes sur le corps car ils vivent nus ; vous vivez habillés, et vous demandez quand même la surenchère des signes. Ils veulent l’humain, vous voulez la puissance et le prestige. Vous tatouez-reniez, piercez-mentez.

« Mon gros cul est un problème ; pas ma petite tête. »

« J’ai besoin de trois douches par jour. » Moi, si j’étais vous, je prendrais de l’acide bien corrosif, et j’essaierais avec de me dissoudre intégralement, au lieu de tergiverser.

« Il faut se sentir bien dans sa peau. » Le crâne, c’est hors de votre peau ?

Vous savez bien que vous ne regardez pas les programmes. Vous attendez qu’on vous balance la pub. TF1 vit pour, Arte vit sans. Une bonne position serait de faire de la pub, pour ceux qu’on aime. Coca-cola propose un million : non ! Roquefort propose sept francs : oui ! (Vous l’aurez compris sans doute, j’aime le Roquefort.)

Femmes, s’il vous plaît, ne vous faites pas défoncer le vagin. Si c’est la douleur que vous cherchez, mettez un canon de carabine dedans et tirez. Si c’est le plaisir, essayez l’amour, ça marche quelquefois.

Un viol n’est pas l’opération par laquelle un phallus rentre de force dans une cavité. C’est, pour un Soi masculin, l’acte de faire régresser une psyché féminine loin et brutalement en-deçà du stade qu’elle a atteint. En violant, vous désagrégez une identité et la ramenez à des composantes très simples, qui avaient patiemment été assemblées et architecturées pendant des années. Vandalisme antihistorique et crime contre la culture ; violeur des trains, ta première faute est d’avoir acheté une K7 de porno au lieu d’un traité de psychanalyse.

« En banlieue, c’est la merde, on n’a pas d’argent. » Ou plutôt, vous n’arrivez pas à sortir quelque chose de positif du fric que vous avez fait sur la came, les vols de bagnoles, les braquages. Vous avez braqué et c’est normal, ce sont bien les décideurs qui vous ont foutu dans les cités-dortoirs. Mais une fois que vous avez appris à vous faire 10 000 balles par jour, vous exploitez la thune si connement que vous méritez bien un peu de tôle. C’est la différence entre un intellectuel et un ignorant : Arkadi Dolgorouki avait tout planifié pour faire fructifier un argent, ne rien dépenser at ainsi agencer la plus grande liberté possible ; le truand de banlieue est piètre économiste et gigantesque consommateur – deux erreurs. Songez à ce que serait la banlieue, si l’argent de la délinquance avait servi à quelque chose de positif : il n’y aurait plus de banlieue. Au lieu de ça, les truands roulent en Merco et dilapident leur fric en lignes de coke. Pour ça qu’on les enferme : pas capitalistes-humanistes, pas apte, comme les Croisés, à bâtir des églises avec l’argent des pillages ; trop cons, en somme.

Je ne comprends déjà pas que vous acceptiez des salaires au-dessus de 20 000 francs. Plus, pour quoi faire ? Alors, imaginez dans quel état je suis, quand j’apprends que vous RECHERCHEZ les millions !

Partisans du FN, quand je-ne-sais quel pays nous balancera des bombes biologiques sur la gueule, si l’Irak est un pays sûr, vous serez contents d’être immigrés en Irak. Vous feront-ils payer le sort que vous faites aux immigrés irakiens en France ? je l’ignore.

Mais qui êtes-vous, pour croire que vous méritez le privilège historique dont vous bénéficiez de votre naissance à votre décès ? Il n’est pas juste que nous soyons nés riches. Si par malheur la richesse nous tombe dessus, il nous reste la conscience.

Vos massacres de singes me laissent des séquelles post-traumatiques. Bien sûr, toi qui emboîtes et encages, tu ne t’appelles pas science. Si c’était ton nom, tu aimerais. Tant de temps qu’on le sait, et tant d’inertie chez toi, intérêt financier de la science, industrie pharmaceutique et cosmétique. Je vais être très belle, car je me mets du singe mort sur la peau ; je serais hâlée sans risque, car du chien torturé me protège des UV.

J’aimerais que les Idées des œuvres préexistent à leurs auteurs, et que ceux-ci n’aient qu’à être suffisamment dignes de les révéler. Ce n’est pas ce qu’il se passe. Nous créons de toutes pièces. Foutu monde, pourquoi te laisses-tu reformuler dans les contingences, au lieu de faire le boulot toi-même ? Tu l’aimes, notre contingence, ou tu te fous complètement de tout ? J’aimerais que deux auteurs aient un jour écrit le même texte en deux langues différentes. Hélas, hélas. Contingence et insécurité.

La pensée scandalise le cerveau. Il tente de l’empêcher. Distrait mon attention.

Tout ce qui vous intéresse, dans le Maroc, c’est Fès.

La culture de la coca vit par et avec des guerres. Des gens sont exploités pour cultiver. Des brigands s’enrichissent dessus. Pour transiter dans les aéroports, la coke est ingérée par les passeurs, 80 sachets par exemple. Si un seul explose dans le ventre, l’homme meurt. Vous comprenez, gens des cocktail-partys, « déchirés », les pieds dans la piscine ? Vous sniffez du sang et des morts. Un chouette amusement. Le vrai fun. De la bonne dope.

Les pauvres se frappent entre eux, les riches entre eux, les pauvres avec les riches et inversement.

Le snuff. Sans commentaires.

Ah ah, je ris, de te voir si belle, en ce miroir, car je sais ce que ça te coûte. Investissement pour investissement, je préfère mon texte que ton régime. Toi l’inverse.

« J’ai le droit d’exprimer mon opinion. » Non. Tu as le devoir de laisser à la vérité la place qu’elle mérite. Tu as raison, tu as tort, ou tu es dans une position intermédiaire. Mais il n’y a qu’une seule position. Il faut que tu exprime la bonne, sinon tu perds ; tu exprimes la mauvaise ? Alors tu gicles.

C’est trop facile, les droits. Ils ne valent rien tant que vous ne faites rien pour les justifier. Si vous découvrez que la démocratie vous donne le droit de voter, de croire, d’exprimer votre pensée, n’oubliez pas de faire quelque chose pour elle. Il y a tout un tas de gens qui vit dans une parfaite inconscience de l’histoire de ses droits, et les considère comme un dû. A part la violence naturelle, la baffe originelle, rien n’est dû au départ. Si tu vis dans un monde sucré, souple, agréable, remercie n’importe qui, mais remercie.

L’Europe, et si peu de bi, tri, quadrilinguisme.

Ceux qui ont hérité de la tolérance au lieu de la conquérir croient que c’est une chose naturelle et toujours bonne.

Libertaires de fond de chiottes ! Être libre, c’est aussi contrôler, ce n’est pas être le fanatique des possibles, des différences accrues, des « tribus » et de l’éloignement des groupes humains dans la solidification de leurs identités hétérogènes.

Le savoir, il est beaucoup sur La Cinquième, la nuit, quand vous dormez. Quand vous vous réveillez, le divertissement commence. C’est votre faute. Vous bossez comme des cons, après vous voulez rire, pas savoir, le soir vous n’êtes plus bon à rien, vous avez laissé votre intelligence au bureau, ou sur le porte-manteau, ou près du four.

« Il y a des loups d’1m10 au garrot ; pour l’emporter sur eux, il faut que j’atteigne 1m20. » Mais c’est une mauvaise analyse du loup humain, qui doit gagner en meute, et vénérer, avec sa truffe humide, la coopération et non la dévoration. Tous ces jeux, en ce moment, basés sur le principe de l’exclusion des participants. Loft, Survivor, Maillon faible, Popstars. Conséquence historique du non-héritage des positions sociales ; qui serait une bonne chose, si on le pratiquait dans le sens du don, et non du retrait. Si ça contribuait à autre chose que la sélection par la nullité dans les jeux télé.

« La chasse, c’est scandaleux », dit quelqu’un qui mange un steak haché, d’une vache ayant vécu enfermée sous des tonnes de stress industriel et de voltages d’électrochocs.

Bègue, obèse, névrosé, phobique, noir, arabe, hémophile, impuissant, pervers, amnésique, insomniaque, méchant pour rien, bonne poire, crédule, sectaire, snob, braillard, rural, petit, trop blanc, difforme, amputé, paralytique, surdoué, autiste, immature, cancéreux, malpropre, voilà un morceau de ce que nous sommes. Avec pour idéal une chanteuse pop ! en faisant du bouquin avec elle comme héroïne !

« Il faut cultiver sa différence ». Non. Vous dites cela en pensant, « je suis menacé de noyade, donc je vais me faire remarquer en représentant tel ou tel extrême  (et je vous mettrai la tête sous l’eau). » Pensez autrement. (Et n’écoutez ni ce que vous dit Nike, ni ce que je vous dis.)

Tout le monde est d’accord pour prôner l’impertinence, sauf quand il se la prend dans la gueule. Pivot invite Onfray, qui la vante, dans la courtoisie. J’aime le poivre, dit le mangeur de sucre, un bonbon dans la bouche. Moi, je prône la gentillesse, la compréhension réciproque. Valable dès que vous aurez disparus !

Vous croyez que vous pouvez ne pas croire, et vous n’avez lu ni la Bible ni les matérialistes. On vous sonde sur vos croyances religieuses ou athées, et ce qu’on obtient, c’est un 100% d’immaturité morale et intellectuelle. Tournez huit fois votre cerveau dans votre tête avant de réfléchir. (Mais, quel est ce bruit de maracas qui parvient à mon pavillon auriculaire comme pour s’y installer ?)

Je connais un arabe, qui dit croire ; il fume, boit, ne prie jamais, ne connaît rien de l’Islam, n’a pas lu le Coran. Arabe de France, il y a un de tes anges qui est plus occupé que l’autre ! Une feuille blanche d’un côté, une encyclopédie de l’autre.

« Je n’ai pas le temps de lire. » Mais tu as le temps d’écouter Fun Radio – et de te pinter à la Kro.

Chaque fois que le Japon américanisé sort une connerie, vous, européens, vous la reprenez en chœur. Et l’intelligence se retourne dans sa tombe, dans nos anciennes capitales culturelles.

« Que t’importe, si je suis idiot ? C’est mon affaire ! » Non, c’est la mienne, et vice-versa. Si tu es idiot, tu m’empêches de t’aimer et de te parler, quand j’en aurais envie, alors que je ne t’ai rien fait. De plus, tu prives toute la communauté de ce que, intelligent, noble, ami de la beauté et de l’amour, tu aurais pu produire ou consommer. Tu fais du social le terrain de l’échange de connerie, quand il devrait s’y troquer des acquis, du bon vécu, du bien fait, du bien pensé.