ODE A L.A., EN SONGEANT A FEU BRIAN JONES , juillet 1969

 Un autre texte de Jim Morrison, magnifique…

 

Je suis un habitant d’une cité
Ils viennent de me choisir pour jouer
le Prince du Danemark

Pauvre Ophélie

Tous ces fantômes qu’il n’a jamais vus
Flottant vers son funeste destin
Sur une bougie de fer

Reviens, brave guerrier
Plonge
Dans un autre canal

Une piscine fraîchement beurrée
Où donc est Marrakech
Sous les chutes
l’orage déchaîné
où les sauvages sont tombés
tard dans l’après-midi
monstres de rythme

Tu as quitté ton
Néant
pour affronter le
Silence

J’espère que tu es parti
En souriant
Comme un enfant
Dans le calme vestige
d’un rêve

L’homme-ange
qui affronte les Serpents
pour ses paumes
& ses doigts

A finalement réclamé
cette âme
charitable

Ophélie

S’en va, imbibée
de soie

Rêve
au chlore
Témoin
fou suffoqué

Le plongeoir, le saut
La piscine

Tu étais un combattant
une muse damassée et musquée

Tu étais le Soleil
Décoloré
pour la télé l’après-midi

Crapauds cornus
franc-tireur d’un point jaune

Regarde maintenant où cela t’a mené

Au paradis de la viande
avec les cannibales
et les juifs

Le jardinier
découvrit
Le corps, étalé, Flottant

Heureux et Raide
Quelle est cette matière verdâtre
Dont tu es fait

Percez de trous la peau
De la déesse

Sera-t-il puant
Tandis qu’on le portera vers le ciel
A travers les antichambres
de la musique

Aucune chance.

Requiem pour un dur

Ce sourire
Ce regard en dessous, porcin
de satyre
s’est élevé d’un bond

dans la terre grasse.