Victime, salut ! Homme femme enfant animal, tous âges, toutes conditions, toutes couleurs, toutes préférences, tous milieux, j’ai quelque chose de très important à te dire : parle !

Parle, parle, et parle encore. Communique ! Parle avec ta voix, tes mains, ton corps, parle en dessinant ou en chantant, parle en écrivant, parle de la manière qui te conviendra mais parle.

Témoignage personnel : je l’ai déjà amplement raconté dans cette rubrique « Autobiographie intégriste », j’ai été victime de tout un tas de sales trucs. Longtemps, j’en ai été si choqué, j’en ai eu tellement honte, j’en ai ressenti un tel malaise, que j’ai préféré oublier, me taire, penser à autre chose.

Cela n’a pas fonctionné ! Je n’ai pas pu oublier, ça revenait sans cesse !

Pendant des années, je me suis senti triste, vide, mort. Je ne savais même pas pourquoi, ou je l’attribuais à des causes qui ne causaient rien du tout.

J’ai fait une psychanalyse, et parlé, parlé, parlé.

J’ai mis un terme à cette psychanalyse, et j’ai parlé, parlé, parlé, de ce que j’y avais redécouvert.

J’ai ouvert ce site, et j’en ai parlé, parlé, parlé, en écrivant.

Plus j’ai parlé, mieux je me suis senti. Plus j’ai confié mes problèmes, mes angoisses, mes malheurs, mieux je me suis senti !

Aujourd’hui, finie la tristesse, finies les angoisses, je ris 100 fois par jour, de tout et de rien, je ris même du crime et de mes pires ennemis, je me moque d’eux, je me moque aussi de moi, je me sens bien.

Parce que j’ai parlé, parlé, parlé.

Victime ! L’indifférence des autres te fait taire.

Victime ! Le silence te tue à petit feu.

Victime ! La place, la situation, le pouvoir, l’autorité, la légitimité de ton agresseur – un homme, une classe sociale, un État, une entreprise, une société – t’intimident et te découragent.

Ne te tais pas ! Ne te tue pas ! Ne te décourage pas !

Parle ! Fais chier ta famille, tes amis, tes collègues, tes médecins, tes geôliers, parle, tente le coup !

Parle, ça soulage.

Parle, ça libère.

Parle, ça fait du bien.

Parle, ça te vide du mal et te remplit de la satisfaction d’avoir trouvé le courage de parler.

Allez victime, courage !