Je viens (en fumant des joints) d’écrire deux articles :

Deal de drogue et deal de médicaments – ou comment l’Etat bien-pensant et la médecine bourgeoise font largement pire que les dealers

Cannabis et calomnie journalistico-scientifique

Je ne vais pas m’arrêter en si bon chemin. J’ai découvert en rédigeant les deux articles précédents, que le site du Figaro est une mine de propagande anti-cannabique et d’intoxication intellectuelle. Je vais donc démonter une autre de leurs productions diaboliques.

Je cite l’article du Figaro intitulé Cannabis – Ce que je ressens in extenso – j’ai le droit, à des fins de critique et de polémique :

« Lors d’un usage occasionnel, le cannabis entraîne des signes d’intoxication aiguë ou d’« ivresse cannabique ». Cette intoxication débute par une sensation d’exaltation et d’euphorie ou, au contraire, par une sédation. »

  • FAUX. Le THC, naturellement très proche d’un neurotransmetteur biologique humain, n’est pas toxique pour les cellules du cerveau. Cette affirmation du Figaro est une contre-vérité scientifique. La non-toxicité du THC est précisément ce qui fait que personne ne meurt jamais d’overdose de cannabis, alors qu’on crève d’alcool et de tabac par dizaines de milliers, sans que le Figaro ne se mobilise (sont-ils alcooliques de préférence ? ou ils sniffent de la colle d’imprimerie ?)
  • Le fait du FUMER de l’herbe est toxique comme toute ingestion de fumée de plante. Si je fais cramer du foin ou du bois et que j’en respire la fumée, ça m’intoxique les poumons, c’est vrai. Mais ce n’est pas la consommation du principe actif du cannabis, le THC, qui est en cause. Il est par ailleurs tout à fait possible de manger le cannabis (space cake, beurre de marrakech) ou de la vaporiser sans le brûler : dans les deux cas, la toxicité est de zéro. L’affirmation comme quoi l’ivresse cannabique est un « état d’intoxication aiguë » est donc factuellement fausse, désinformatrice, malhonnête, et intoxicante pour l’esprit : elle fait passer de la bêtise pour de la science, sans scrupules !

« Des vertiges, des nausées et des bouffées de chaleur peuvent également s’observer ainsi qu’un effet orexigène (stimulation de l’appétit). »

  • C’est vrai, ces effets secondaires font partie de la consommation. Je ne fais pas l’expérience de vertige. Si je fume beaucoup un jour, c’est vrai, je peux finir la journée avec une légère nausée. Mais depuis des années le cannabis ne me fait jamais vomir. Le grand danger est de mélanger cannabis et alcool : c’est une très mauvaise idée car les deux substances ont des effets totalement contradictoires sur le système nerveux. Le cannabis, combiné à l’alcool, peut devenir mortel. Conséquence : je fume, et je bois très peu souvent.
  • L’effet de stimulation de l’appétit est justement une de mes bonnes raisons de fumer. Enfant, les viols, les violences, et les forçages alimentaires (« tu finis ton porc, sinon tu sors pas de table » « mais j’aime pas ça ! j’ai plus faim ! » « Tant pis tu finis ! » –> bilan, j’ai appris la résistance dès l’âge de 4 ans. Cela allait énormément resservir, plus tard…) m’ont effectivement coupé l’appétit et rendu anorexique à 17 ans. Des années plus tard, la beuh m’a redonné l’envie de manger. J’ai même appris à cuisiner, récemment…

« L’intoxication se manifeste par des perturbations psychiques (quelques heures) et réversibles sans séquelles : des troubles du cours de la pensée, des troubles de la mémoire immédiate (pouvant persister plusieurs jours), une désorientation, des troubles de la coordination et une sédation rendant dangereuse la conduite de véhicules. »

  • Voilà un paragraphe typique de la propagande idéologique anti-cannabique, qui ne repose sur aucun fait réel, et se nourrit d’une mauvaise foi assez hallucinante. Cette phrase ne liste QUE des effets négatifs, avec une remarquable complaisance. Du coup, on n’y comprend plus rien : si c’est totalement naze comme drogue, si elle n’engendre que des « troubles », pourquoi des millions de gens vont la payer 10€ le gramme et en prendre tous les jours, ou toutes les semaines, ou tous les mois ? Tss, franchement… Pure calomnie de non-fumeur hostile. Ce n’est pas de l’info du tout, c’est la simple opinion d’une ou d’une réac.

« Elle perturbe les perceptions sensorielles, en particulier la vue, et provoque des troubles psychiques variés et variables d’une prise à l’autre : euphorie, tristesse de l’humeur, anxiété (voire crise d’angoisse), dépersonnalisation, irritabilité, pouvant aller parfois jusqu’à un tableau délirant et, dans de très rares cas, des hallucinations. »

  • ça délire sec. Je n’ai jamais eu aucun effet de perturbation de la vue. Je ne vois rien de psychédélique. J’ai une bonne vue à la base, des yeux fragiles mais qui ne se fatiguent pas facilement, je peux lire sur écran pendant 15h par jour, sans problème. Le fait de fumer n’entraîne aucune hallucination, à part quand je lis le Figaro bien sûr.
  • Anxiété : faux, c’est plus compliqué que ça. Le cannabis peut avoir des effets calmants ou au contraire anxiogènes, ça dépend de beaucoup de facteurs.
  • Euphorie : tiens, la joie est un trouble psychique maintenant ? C’est vrai, le cannabis Sativa fait rigoler. ça ne plaît pas au Figaro, bon, ben on va retourner regarder les Guignols et Groland alors 🙂
  • Troubles de la mémoire immédiate : oui, c’est vrai, je le constate. Et cela ne pose aucun problème sérieux. Je ne suis juste plus sûr d’avoir effectué telle opération, donc je vérifie et c’est bon. Ou bien, quelqu’un me dit que je lui ai déjà raconté telle anecdote il y a deux mois, et j’avais oublié. Ce n’est pas bien grave car c’était une super anecdote 🙂 J’ai notamment été barman pendant 2 ans. Je fumais en servant, pendant des heures, et sans problème, je savais où j’en étais dans les stocks et je rendais la monnaie du tac au tac. J’ai toujours travaillé vite et bien.
  • Dépersonnalisation : ça va loin… Bon, je n’ai jamais constaté cet effet, même quand vers 20 ans j’ai fait des bad trips parce que je tirais sur des joints sans savoir ce que le mec avait mis dedans, et les bad trips ont cessé quand j’ai acheté ma propre came et consommé à mon rythme, en n’écoutant que mes sensations. Ces bad trips étaient des sortes d’anomalies de la pensée, qui soit accélérait et je ne pouvais plus suivre, soit ralentissait et il ne se passait plus rien. Ces effets ont totalement disparu quand je me suis approprié la substance.
  • Tableau délirant : de fait, le cannabis bien utilisé peut stimuler l’imagination. Lire, écrire, et délirer : pour moi, c’est un programme tout à fait respectable que de fuir le réel frustrant pour trouver des satisfactions symboliques. C’est un processus naturel de la pensée qui a abouti aux religions, aux mythologies, et aux cultures de l’imaginaire. Les chrétiens n’ont pas eu besoin d’herbe pour inventer leur Dieu crucifié et rédempteur, leurs anges sans sexe, leurs guérisseurs magiques, etc. Les musulmans décrivent le Prophète Muhammad montant au Ciel sur un cheval blanc… une belle image, délirante, et conçue sans shit ! L’humanité délire aussi bien sans drogues qu’avec. Attribuer au cannabis un effet délirant, c’est un peu comme attribuer à l’eau un effet humidificateur : quand on a dit ça on n’a toujours rien dit. Oui, on prend du cannabis parce que ça peut nous libérer les idées et les mots. Il n’y a guère que le Figaro et les médecins conservateurs pour y voir du mal.

Conclusion

Un article anti-cannabique de moins, et un article pro-cannabique de plus 🙂

Encore ! encore des blagues anti-cannabiques, j’en reveux, je suis accro !

Ok, ok ! Continuons encore un tout petit peu. Dans la même série d’articles, le Figaro continue de nous désinformer en prétendant nous venir en aide, et dans une page intitulée « Quels examens ? » se fait cette fois porte-parole de l’État et des flics, et envoie les « toxicomanes cannabiques » se faire soigner chez le docteur – même contre leur gré :
« La consommation de cannabis est le plus souvent diagnostiquée par le médecin généraliste, au cours de la discussion avec son patient lors d’une consultation de routine. »
  • Outre le fait de collaboration un brin délatrice avec l’idéologie médicale en place (et on a vu sa déontologie à l’œuvre, on en calcule les victimes tous les jours dans la grande presse), cette phrase sonne totalement absurde. Par définition, le consommateur de cannabis sait ce qu’il fait, il n’a pas fumé en état d’inconscience totale, du coup en quoi le diagnostic d’un enfoiré de docteur serait-il demandé ? On peut diagnostiquer une maladie dont le patient ignorait l’existence, mais on ne peut pas, par définition, prétendre découvrir un comportement conscient et assumé du sujet. Cette phrase cache mal l’idéologie qui la sous-tend : l’idée follement réac comme quoi les fumeurs sont des malades. Les communistes et les homosexuel(le)s n’ont pas été traités différemment par les gens de droite pendant les 100 dernières années, donc on n’est pas surpris, les fachos on connait, on sait aussi s’en défendre.
« Elle peut être objectivée par une positivité des tests des cannabinoïdes urinaires pendant trois semaines après la dernière prise (en raison de l’accumulation de THC dans le foie). »
  • Oui, quand on cherche à criminaliser la consommation personnelle, qui rappelons-le n’est que l’exercice du droit de chacun à disposer de son corps et de son esprit, on élabore effectivement des tests de présence de cannabinoïdes – quand on n’a vraiment que ça à faire de ses journées.
  • Moi, mes détecteurs ont trouvé beaucoup plus que des traces de connerie dans les publications du Figaro, apparemment ils s’injectent la bêtise par bidons entiers et par intraveineuse : j’appelle la police, ou le SAMU, je fais quoi ?
« Ces tests sont utilisés pour diagnostiquer la consommation dans le cadre des services d’hospitalisation (notamment aux urgences) et lors des contrôles des services de police. »
  • Ici, « diagnostiquer » signifie « établir la preuve d’un délit puni d’une forte amende et d’une peine de prison, suivant les cas ». Le recours à un terme médical cache en fait la matraque répressive de l’État.
« Il existe aussi un dosage onéreux, mais plus précis, du delta-9-THC urinaire permettant, dans les 36 heures suivant la consommation de distinguer la consommation habituelle d’une consommation occasionnelle. »
  • Quand des dizaines de milliers de personnes crèvent dans la rue, on se dit qu’effectivement c’est vraiment une super idée que de se lancer dans une chasse scientifique aux fumeurs. Combien de milliards faudra-t-il dépenser pour nous faire abdiquer notre liberté de comportement ? Je laisse au Figaro le soin de calculer le coût de ses opinions réacs pour la société française, gauche comprise et fumeurs inclus. Si la chasse aux drogues s’arrêtait, la société récupérerait des milliards. Les flics pourraient s’intéresser aux véritables délinquants nuisibles : les entreprises fraudeuses fiscales ou l’industrie nucléaire ou financière par exemple.
« En cas de consommation de cannabis, aucun examen complémentaire particulier n’est nécessaire sans point d’appel clinique. »
  • Quelle magnanimité 🙂 Ils consentent finalement à me laisser souffler 5 minutes, au lieu d’envoyer mes cheveux ou ma salive au labo pour prouver que je fais partie de ces millions de « délinquants de la drogue ».
  • Les amis, j’ai une méthode bien plus radicale : je vous affirme en face, en mettant mon nom et ma tête, que je suis un fumeur invétéré de cannabis, que j’aime beaucoup cette drogue, que je vous méprise au plus haut point pour vos ignorances et votre intolérance à notre égard, et que je vous considère comme des fascistes indignes d’écrire. Vous voyez, c’est clair, net et précis et ça ne coûte pas un rond aux Franchouilles. Vous n’avez pas à vous faire chier à me faire avouer, car je revendique mon « crime » haut et fort, et je vous ris à la face, même, avec une liberté de ton et de comportement que vous n’atteindrez jamais. Pigé ? Donc ta gueule, Figolu.