(La danse d’amour du diabolique Docteur Furbus !)

Note: ce texte destiné à être chanté/slammé, a été écrit en 2005. Il s’agit du 10è et dernier épisode du feuilleton Kidnapping d’un junkie, commandé par et publié chaque mois de 2005 dans le magazine littéraire Le Matricule des Anges

 

Clap, clap, clap, clap

Je flippe et je tape, je clippe et je clappe, je force et je trappe, – tu peux pas m’attrap’ !
Je happe et je trippe, je groupe et je chipe, je hache et j’agrippe, – et pis j’pars en trip –
Je saoule et j’syncope, j’ai l’fric et la dope, je cours et j’galope : j’descends jusqu’au top,
J’déclare mon hold-up, j’oublie ma pin-up, y’a tout qu’est down/up ? de ienr j’ai pas reup !
J’expire et je pompe, je gratte et j’estompe, je m’gratte et je m’trompe, je mens et j’détrompe,
Je pique et j’occupe, je type et je dupe, j’m’en vais d’où ça huppe, j’m’enfuis d’où ça upe !
Je sourds et je rampe, j’me mouille et j’me trempe, j’me barre et j’décampe, j’me plante sur la rampe,
J’ai l’cœur qui chaloupe, faut pas que j’me loupe, toutes mes pattes se r’groupent, je fonce par la poupe !

Je trie et j’emmêle, je crie et je fêle, je chante et je hèle, je feule et j’appelle,
J’nage et j’cabriole, j’m’étends et j’m’étiole, je sauve et je viole, vil, vole, cambriole
J’allume et j’ampoule, j’défonce et j’déboule, je fonds et j’découle, j’effondre et j’éboule
Je mange et je gueule, je joins et j’esseule, j’envie et je veule, je lime et je meule
Je m’tire à vraies bulles, j’soustrais les cumuls, j’commence le calcul, j’ai l’corps qui bascule,
Les paupières qui se voilent, les yeux qui s’étoilent, les bras qui s’dévoilent, je suis bien, j’inhale
Je bois et j’empile, je vends et je deale, j’affine et j’affile, je file et j’instille
Je plonge et j’détale, je gicle et j’étale, – pardon si j’m’étale -, j’fais l’calcul total :

Les suicides qui ratent, les ennuis qui matent, les croupions qui se tâtent, les espoirs qui se gâtent
les envies qui te quittent, les soupçons qui te fritent, les peurs qui t’habitent, les joies qui t’évitent,
les tarés qui guettent, les sueurs qui te vêtent, les usures qui s’prêtent, les fatigues qui te fêtent,
les cancers qui trottent, les troupeaux qui rotent, les foules qui barbotent, les folles qui marmottent,
les virus qui bootent, les excuses qui coûtent, les déclics qui floutent, les larbins qui croûtent,
les culottes qui s’ôtent, les zéros qui fautent, les nuls qui chapeautent, les projets qui sautent,
les toux qui t’esquintent, les cafards qui chuintent, les bipèdes qui suintent, mes huit pattes qui feintent !
Ah mais non, j’ai honte ! mais qu’est-ce que j’raconte ? mes pattes sont trop promptes, y faut tout qu’je r’compte :

Les victimes de drames, les bouffons qui rament, les planteurs de came, les bourgeois, leurs femmes,
les chalands du chelem, les ardents de la flemme, les dealeurs de blèmes, les nuls du système,
les voleurs de keums, les vendeurs de deurm, les fumeurs de Drum, les employés cheums,
les forts en symptômes, les mous des deux paumes dont les blés embaument près des villes qui chôment,
les épouses de grooms qui a balles Dum-dum avec de grands booms poncent le living-room,
les sauteurs d’abymes, les chasseurs de prime, les riches en centimes, et les anonymes –
Ça fait, si j’résume… mettons, je présume… disons, un volume… vingt dieux, c’est la brume !…
Ahlala, bonhomme ! tu t’mets l’doigt ça comm’ ! T’atteins pas l’quorum ! Faut qu’tu r’fasses la somme :

Tous les faits qui causent, les uns qui névrosent, les aut’ qui couperosent, les tiers qui s’opposent,
les cars qui s’écrasent, les caisses qui s’embrasent, les bases qui s’envasent, et les kamikazes,
les propos qui frisent, les moments qui crisent, les richards qui te lisent, l’auteur qui balise,
les arbres qui braisent, les badauds qui s’taisent, les tours qui les lèsent – les flammes qui s’apaisent,
les flics qui abusent, les gens qu’ils accusent, via des ruses qui usent, plutôt qu’elles n’amusent,
les gambettes bourgeoises aux déroutes qui s’croisent des coins qui s’déboisent près des fourrés de noises
Ça fait combien de gonzes ? j’ai compté les bonzes ? c’est huit fois cent onze ? en or ou en bronze ??
Ou bien… trois fois douze ?… ah nan… y’a une bouse… j’ai fumé trop d’p’louse… j’compte sur mes ventouses :

Les travaux qui tachent, les talents qui s’gâchent, les plaisirs qui s’cachent, les propos qui fâchent
les répliques qui touchent, les piques qui font mouche, les ripostes louches, les bouteilles qu’on r’bouche
les paroles qui lèchent, les discours qui prêchent, les réponses qui pêchent, les questions qui sèchent
les silences qui piochent, les oui qui filochent, les non qui amochent, les oui-non qui hochent ;
les logiques qui penchent, les courages qui flanchent, les joies qui calanchent, les rois du dimanche
les droitures du gauche, les ruses à l’embauche, les envies de débauche, les profits de la fauche !
les fois qui trébuchent, les chasses aux embûches, les trésors qui peluchent, les gagneux qui s’juchent…
Cette fois y’a pas d’triche ! la victoire s’affiche ! Total du bakchich : une mer de rimes riches !

Aquatique quiétude ! saline solitude ! Crade béatitude sous la mer du sud !
Eclairs en cascades ! frissons en saccades ! Tes pattes s’entorsadent au fond de la baignade !
Mollusque qui fraude sous les couches d’eaux chaudes ! Rôde, clabaude, maraude !
Truande et transcende ! Des pas en guirlande sur le no-man’s-land ! viande aux yeux de limande !
Sonde, féconde, profonde ! Plonge au fond du monde ! Fronde, immonde, abonde ! Brassées vagabondes !
Dangereux octopède au corps qui obsède ! Glutineux aède des sables qui cèdent !
Amant des eaux froides à la dégaîne roide ! Vigoureuse escouade armée de huit doigts !
Mollasson rhapsode ! Dissous-toi dans l’iode ! Clôture ta période – danse, céphalopode !

Vers le fond, très mince ! Tu t’glisses, tu t’en rinces ! Grince décoince et pince ! Coince émince évince !
Mousse, trémousse, émousse ! Trousse, courrouce, secousse ! Pousse, rebrousse, retrousse ! Tousse, détrousse, Furbus !
Danse, dépense, finance ! Tance, nuance, offense ! Pense, encense, agence ! Lance, distance, avance !
Brasse, violace, agace ! Chasse, angoisse, amasse ! Casse, décrasse, cadenasse ! Glace, espace, crevasse !
Chausse, adosse, engrosse ! Fausse, endosse, exauce ! Bosse, écosse, carrosse ! Rosse, désosse, cabosse !
Fonce, énonce, annonce ! Fronce, engonce, défonce ! Ponce, dénonce, renonce ! Pionce, enfonce, prononce !
Presse, confesse, caresse ! Laisse, acquiesce, abaisse ! Perce, encaisse, progresse ! Cesse, paresse, empresse !
Hisse, dévisse, hérisse ! Trisse, ratisse, esquisse ! Glisse, immisce, déplisse ! Lisse, coulisse, abysse !