Préambule : le fumeur tente de copiner avec sa ministre…

Salut, citoyenne Christiane ! Je ne te demande pas comment tu vas car c’est évident, on te voit à l’Assemblée, tu pètes la forme et c’est bien réjouissant à voir 🙂

Après le calamiteux ministère Dati, tu fais des chouettes débuts au sommet de ce salaud d’État et ça aussi ça fait plaisir à voir. S’ils étaient tous comme toi, s’ils étaient des femmes fortement indépendantes d’opinion, crois bien que je ne passerais pas des heures à renvoyer symboliquement à ce porc d’État un peu de toute la violence qu’il nous balance !

Je viens de lire ta notice wikipédia, c’est un peu léger comme méthode je sais mais bon, à la base mon projet n’est pas de faire ta bio, juste de savoir vaguement à qui je vais adresser mes suppliques 🙂 Et ton parcours est vraiment sympa, tes élections en tant que non-inscrite ou porteuse de ton propre projet politique, ton rapport à Sarko qui ne lui a pas trop plu apparemment, lol, tes prises de positions sans langue de bois, tout ça suscite mon respect, donc toi je ne vais pas te maltraiter, elle est pas belle la vie ?

Bon, Christiane, j’attaque les choses sérieuses là attention, referme tous tes autres dossiers pour 20 minutes, je vais essayer de faire court et direct, d’accord, mais vraiment j’insiste, il faut que tu entendes un message là.

Alerte ! Le délinquant cannabique me souffle la fumée de son article de doléances à l’oreille, pendant que je plane à cent milles…

Allez, zou ! Donc, cash et sans détours : Christiane, il faut que tu sois notre Robert Badinter à nous les fumeurs, que tu sois celle qui met fin à notre calvaire !

Voilà, j’en ai marre de chez marre, et je ne suis pas le seul, d’être menacé de peines incroyablement dures juste parce que j’aime respirer la fumée de la combustion d’une plante, le cannabis, de préférence la variété Sativa. Regarde ce que je risque, c’est hallucinant, je me dis que le législateur a vraiment fumé du crack le jour où il a proposé et voté de telles lois pénales barbares, franchement :

  • « Le trafic de stupéfiants (dont le cannabis fait partie), s’il est pratiqué sans circonstances aggravantes, expose en France ses auteurs à des peines allant de dix à vingt ans d’emprisonnement selon les cas, et jusqu’à 7 500 000 euros d’amende.
  • Le trafic de stupéfiants est passible en France de trente ans de réclusion criminelle et de 7 500 000 euros d’amende lorsqu’il est effectué en bande organisée.
  • En cas de blanchiment de l’argent provenant du trafic, la sanction peut s’élever à la réclusion criminelle à perpétuité, et à 7 500 000 euros d’amende. »

Le « fou intoxiqué », tombé amoureux d’une plante qu’il brûle avec passion, passe finalement aux aveux et confesse ses crimes

Tu trouves pas ces peines carrément injustes et abusives ? Là, ce sont les sanctions du « trafic » : il se trouve que je ne suis pas « trafiquant » (quelle terminologie barbare elle aussi…), mais que j’ai fait pousser de l’herbe avec un ami il y a 10 ans et on revendait environ une moitié de ce qu’on faisait pousser – hé, on n’avait pas des champs, juste quelques pieds dans un placard pour notre conso perso, et ce qu’on ne fumait pas nous-mêmes, on le revendait pas cher à des amis. On faisait genre 400 grammes par récolte, on en prenait 100 grammes chacun, et on revendait le reste à un prix inférieur à celui du marché.

Mon ami était et est toujours un designer graphique de grand talent atteint d’une maladie de peau incurable (dermatite atopique, ça s’appelle…) : lui, utilisait le cannabis pour calmer ses démangeaisons permanentes et ses troubles du sommeil. Moi, j’ai été victime de violences et de plusieurs tentatives d’abus sexuel dans mon enfance, le cannabis me sert d’antidépresseur naturel, et à m’évader artistiquement de ce monde que je trouve tellement violent et injuste.

Tu crois vraiment, que, pour avoir fait pousser ma conso d’herbe, l’avoir partagée avec un ami et d’autres amis, je mérite d’aller 10 ans en prison et de payer plus de 7 millions d’euros ? C’est démentiel non, c’est d’un autre âge, comme l’esclavage ou la peine de mort, non ?

Un de nos buts très clairs, quand on faisait pousser mon ami et moi, c’était justement de nous sortir du deal de rue et de ses truands : ces gens qui frelatent la plante, mêlent la résine à du cirage et d’autres trucs dangereux, ces gens qui font payer 10€ le gramme une substance qui en a coûté 1 ou 2 à produire, ces gens qui recyclent l’argent de la drogue dans des activités criminelles, genre les trafics de femmes, les jeux, les cambriolages, etc. On ne voulait plus être en contact avec ce genre de personnes, on ne voulait plus leur filer notre argent et nous faire exploiter simplement pour notre plaisir de fumeurs. On n’a jamais commis un seul vol, une seule agression, on est des gens très cools, tolérants, ouverts d’esprit. On ne mérite pas de subir un tel chantage odieux de la part de l’État !!

Et personnellement, je n’ai pas envie non plus qu’on fasse du mal aux gens qui m’ont vendu la came. La plupart sont des immigrés : exclus du marché du travail, exclus de l’éducation, ils ne trouvent souvent que cela pour survivre. Il y a 10% de chômage depuis 1973, un racisme permanent de la part des « bons français », alors je ne leur jette certes pas la pierre. En France c’étaient souvent de jeunes gens d’origine maghrébine. A Berlin ce sont des Noirs d’Afrique de l’Ouest, et des Allemands d’origine turque. Toujours les mêmes qui font les sales boulot et encaissent toute l’hypocrisie sociale : les blancs fument, les noirs et les arabes le payent de leur vie ! IN-JUS-TICE !!! STOP !!!

Redevenu simple consommateur, voici ce que je risque toujours :

« Selon la loi, l’usager encourt jusqu’à un an d’emprisonnement et 3 750 € d’amende (art. L3421-1 du Code de la santé publique). Les personnes coupables de ce délit s’exposent également, à titre de peine complémentaire, à l’obligation d’accomplir un stage de sensibilisation aux dangers de l’usage de produits stupéfiants. »

Oups, on le croyait intellectuellement mort, et il se rebiffe

Alors déjà, si on m’arrêtait pour m’envoyer au « Goulag des drogués », je crois que je ne mettrais pas longtemps à humilier mon formateur en lui montrant que j’en sais plus que lui sur les drogues, y compris leurs dangers. L’idée est stupide en soi et carrément irrespectueuse de ce principe qui devrait être sacré et que l’Etat devrait garantir s’il voulait bien faire le boulot : la liberté de conscience, qui implique et inclut la liberté des états de conscience ! Il se trouve que j’aime les drogues, je suis un militant de la dépénalisation de toutes les drogues. Le suicide n’est pas un crime, donc a fortiori même un usage suicidaire des drogues ne saurait être puni, au mieux ce que l’Etat peut faire c’est mettre à la disposition des citoyens des ressources pour se libérer des drogues si ils le souhaitent, et c’est tout. Tout autre comportement de la part de l’État est une ingérence inadmissible dans nos vies privées et nos libertés publiques !

Là encore, la loi est bête comme ses pieds, en admettant qu’elle puisse avoir le bon sens d’avoir des pieds. Un an de taule si je fume des joints !!! C’est totalement disproportionné, je mets au défi n’importe quel avocat, juge ou législateur de me prouver quels dommages je cause à la société en fumant des joints dans la pièce où j’écris mes romans, mes articles, où je compose mes musiques, allez ? Qui sont mes victimes ? Je me salis sans doute un peu les poumons, mais je ne vais pas aller porter plainte contre moi, alors : je dérange qui ? Je nuis à qui, en fumant ?

C’est évident, personne ne pourra répondre à mes questions, car de fait je ne nuis à personne, au contraire mes œuvres que j’offre souvent gratuitement sont une contribution bénévole à la société – on peut aimer ou détester ce que je fais, en tout cas j’en donne la plus grande partie. Cela devrait me valoir des récompenses plutôt que des sanctions !

De fait, nous sommes des millions d’amoureux du cannabis en France, en Europe et dans le monde.

De fait, tous ces pays où on trouve des millions de fumeurs sont systématiquement répressifs, et pourtant, on constate que cette répression n’aboutit à aucun effet positif, bien au contraire !

Donc, ne serait-il pas temps de faire cesser l’hypocrisie et de rappeler que, conformément à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, nous sommes tous libres et égaux en droit ? Quels que soient notre sexe, notre âge, notre condition, notre profession, et… nos préférences en termes de loisirs récréatifs ou d’expériences corporelles et mentales. L’État ne devrait pas mettre son gros groin de cochon éthique dans nos vies, dans nos esprits, dans nos corps ! Sors de là, cochon d’État !

Le drogué présente à l’État un projet politique : question, qui est le plus fumeux ?

Donc voilà Christiane, vraiment on compte sur toi ! Tu vas nous abolir ces lois pendant le quinquennat du bien-nommé Hollande, ok ? Deal ?

Tu vas nous supprimer la loi répressive contre la commercialisation du cannabis et de tous ses sous-produits.

Et tu vas aussi nous supprimer la loi répressive contre l’usage du cannabis.

On s’occupera de libérer les autres « drogues » ensuite. Si les gens veulent se cramer la tête, c’est leur affaire, c’est leur vie, leur mort ! On n’appartient pas à l’État, il n’a aucun droit à nous gérer comme un éleveur gère son bétail ou comme un négrier gérait ses esclaves. L’État est totalement illégal dans sa militance anti-drogues, il est en infraction patente avec les principes politiques fondamentaux de la République ! Il faut vraiment être aveugle pour ne pas le voir, c’est comme les anciennes lois qui criminalisaient la sodomie, comme si l’État avait un droit de regard sur nos anus et nos pénis, eh bien non ! De même, il n’a rien à faire dans nos cerveaux ni dans nos poumons, sors de là, Satan !

Tu sais Christiane, on est des gens conciliants, nous les fumeurs. La plupart des fumeurs que je connais sont des artistes, des ingénieurs, des intellectuels, bref, des gens qui apportent quelque chose de très positif et souvent très généreux à la société. On ne peut plus accepter de nous faire calomnier, arrêter, juger, pénaliser, emprisonner, racketter, juste parce que le législateur est un fan du tabac et de l’alcool – très meurtriers ! – et qu’il déteste le cannabis – très inoffensif et jamais meurtrier ! Faut arrêter la chasse aux drogués là, on doit être une espèce protégée comme l’ours blanc et la tortue luth ! 😉

Donc, conciliants, on veut bien par exemple que ce soit l’État qui deale, tout en nous laissant la liberté d’auto-produire si on préfère.

On veut bien que l’État nous vende un cannabis de bonne qualité, sans additifs chimiques, sans trop d’agronomie délirante, et sans pousser les niveaux de THC au-delà du raisonnable, on aime fumer, on ne veut pas finir zombies. Une herbe à 15% de THC nous convient très bien. Le mieux serait que tu proposes une gamme un peu sérieuse de types de cannabis, on a besoin de la variété sativa et de l’indica, et on a besoin de plusieurs puissance, léger, moyen, fort (10, 15, 20%).

On veut bien que l’État prenne une taxe sur le cannabis qu’il nous vendra, comme il fait avec le tabac et l’alcool. Il se servira de l’argent pour soigner ceux qui ont perdu les pédales. Mais beaucoup de fumeurs sont des gens parfaitement intégrés, intelligents, responsables, et en aucun cas des criminels.

On veut bien que les surfaces ou les quantités autorisées en autoproduction soient limitées, genre un maximum d’un kilo par récolte me parait raisonnable.

On veut bien, même si on peut s’en passer, que le trafic massif soit pénalisé – sans abuser non plus sur les peines, ça vaut certes pas un crime de sang ni un viol, donc ça vaut certainement pas 30 ans de taule.

On est tout à fait OK pour interdire et sanctionner le cannabis au volant et dans les métiers dangereux. C’est évident, franchement. Qui voudrait bosser bourré sur une grue (un part un député alcoolique bien sûr) ? On est tout à fait d’accord sur l’idée que si quelqu’un met la vie d’autrui en danger, ce quelqu’un doit être sanctionné et rappelé aux normes éthiques de base. Donc, si des fumeurs font n’importe quoi avec leur liberté et leur responsabilité civile, bien sûr, qu’on leur envoie des flics et des juges, ça devrait les calmer un moment. Mais tous les fumeurs qui n’ont rien fait d’autre que fumer, ce ne sont ni des criminels ni des délinquants, ils n’entraînent aucune nuisance et il n’y a donc aucune justice à les punir ou à les menacer.

Parmi les avantages de la légalisation complète du cannabis, on profitera de ceci :

  • On privera la vraie criminalité – celle des gens qui exploitent, volent, violent, abusent, trichent, achètent et utilisent des armes de guerre, etc. – d’une de ses filières les plus juteuses, ça fera d’une pierre deux coups pour l’Etat car, les vrais voyous se trouvant considérablement appauvris par la légalisation, y perdront énormément de moyens de nuisance, et donc, cela gâchera moins d’argent public à les faire surveiller par des BACs pas toujours honnêtes…
  • On cassera totalement les frelatages dangereux des marchandises. A mon avis, le shit disparaîtrait quasi-totalement, la plupart des fumeurs préfèrent l’herbe et n’aiment pas le shit coupé à toutes sortes de produits parfois toxiques. Là encore, on évitera des frais de santé inutiles à la charge de la collectivité !
  • On fera cesser le tourisme cannabique, tous ces Français obligés d’aller en bagnole en Belgique ou aux Pays-Bas pour acheter leur produit. Ainsi cela soulagera ces pays qui n’ont pas à accueillir tous les fumeurs d’Europe.

Merci d’avance et bisou Christiane

Voilà Christiane, on compte sur toi, merci d’avance d’écrire de ta propre main une nouvelle page de notre histoire juridique, une page un peu plus respectueuse de nos libertés que les arsenals juridiques précédents qui eux les trahissaient dans les grandes largeurs !

Allez, bon courage à toi dans ton boulot, merci pour tes mots et ta combativité contre les crétins de droite dans le débat sur le mariage gay, et bonne chance pour la suite ! (Tu te présentes en 2017 nan ? 🙂

Bisou,

Ludo

😉