Je réfléchis à pas mal de choses en ce moment et parmi ces choses il y a la question de la démocratie.

Comment dire ? Des montagnes de nigauds n’ont rien compris à l’idée dont ils se croient adeptes.

Et par conséquent, ayant compris de travers, ils appliquent de travers : à tout propos.

Ainsi, on voit des gens plaider la démocratie PARTOUT : tout rapport humain ne saurait plus être que démocratique, avec donc toutes les propriétés requises par cette définition : égalité des membres, une personne une voix, pas de hiérarchie, décision collective universelle, etc.

Faites ça, et vous tuez l’humanité entière, bande de crétins, tout ça par aveuglement idéologique.

Par ex, appliquez ça à la peinture classique en Italie, où des maîtres formaient des élèves qui deviendraient maîtres aussi 20 ou 40 ans plus tard. Ce n’est plus possible. Maître et élève sont égaux. Le débile vaut autant que le sage. Le savoir vaut autant que l’ignorance. L’expérience vaut autant que la virginité. Plus rien n’a de valeur, le monde humain s’aplatit sous la chape de plomb de la tyrannie démocratique.

C’est la clé du problème chronique dans mes projets : ces tarés se voudraient égaux. J’ai écrit un million de mots et eux hésitent sur la conjugaison des verbes en -ER au présent, mais voilà, on est égaux. Ou encore, avec quelqu’un qui me domine totalement sur une compétence, comme par exemple les meilleurs membres de mon club d’échec, voilà, on serait égaux – même en tant que privilège qu’on m’accorde, je trouve ça dégueulasse de confondre des joueurs très forts, très expérimentés, avec un narvallo des bois dont les cavaliers ressemblent systématiquement à des poneys à 3 pattes.

Bref, si vraiment on fait cette connerie d’aller foutre de la démocratie partout universellement, on se retrouve tous homogénéisés de force, fusionnés par contrat social obligatoire, et tout liberté individuelle disparaît. Tu veux de la salade à midi ? Attend, le collectif va voter. Tu veux mettre du rouge sur ton tableau ? Holà, on organise un référendum. Tu veux créer un projet où les fonctions sont différenciées ? Attention, la dictature démocratique doit valider.

Tout ça, si t’es pas artiste et que tu te contentes d’acheter ta vie au Lidl, tu t’en fous.

Mais si comme moi t’es artiste jusqu’au fond des poumons, t’as plus qu’à te tirer un boulet de canon dans la gueule, ton âme ne survivra pas à la démocratie universelle.

Mon message, c’est : allez vous faire enculer dans la cave avec votre tyrannie. Acceptez la réalité universelle des différences de niveaux en toute matière. Il y a des milliers de compétences possibles et de vastes continuums de niveaux, du plus nul au plus excellent.

Et pour finir, j’affirme que je suis démocrate à 100%, je n’ai pas changé d’avis du tout.

La démocratie, c’est ça : décider collectivement de tout ce qui concerne l’Etat, les budgets publics, les services publics.

Et ce n’est rien d’autre.

Je n’empêche personne, au contraire, de monter des projets sous forme démocratique, suivant le type du projet ça peut être l’optimum organisationnel.

Mais il y a 189 milliards de projets qui na gagnent rien, ou pire qui meurent instantanément, si on leur interdit une différenciation des fonctions, une hiérarchie des pouvoirs.

Dorénavant, dans mes projets, je serai clair. Je définirai la forme organisationnelle impérative pour le projet. Et si c’est un projet où je dirige tout à 100% et où toi tu fermes ta gueule et tu exécutes (et en plus tu te prends une volée ou t’es viré si le résultat est piteux), eh bien ça me va :p

Elle est là mon erreur, ce n’est jamais de n’avoir pas été assez démocrate, mais de n’avoir pas été assez autoritaire.

Dans Hogarth Press II, dans Überall, dans Scope Sessions, dans Comics Über Berlin, etc.

Voilà, conclusion, vive la liberté, vive l’autorité, vive la démocratie quand elle est placée au bon endroit. Ah merde, ça contredit le titre…. :'(