Je rédige ceci le 23 mars 2019, dans la ville lamentable de Chaumont, à l’âge de 41 ans. Je suis lucide, aussi bien dans ma tête que ce monde immonde me le permet, et je n’ai même pas fumé de fleurs interdites, depuis une semaine.

J’ai passé ma vie adulte à m’opposer aux vices humains, ceux des institutions étatiques y compris police et justice, et ceux des gens (innombrables ordures), à les condamner en moi et en autrui.

J’ai mené une vie parfois dangereuse, cherchant la liberté en-deçà comme au-delà des lois et de l’opinion d’autrui, deux choses dont je n’ai que faire, car comme disait Kant : « La loi morale en moi, et le ciel étoilé au-dessus de moi ».

Cette vie pour moi n’a qu’un seul sens : accomplir une oeuvre. J’ai une oeuvre littéraire, musicale, pédagogique, culturelle et politique ; je débute depuis 2 mois une oeuvre en tant qu’artisan d’art.

S’il m’arrive de mourir autrement que de suicide ou de mort naturelle, si je suis victime d’assassinat par mes ennemis politiques ou de minables voyous prédateurs, voici ce que je souhaite.

Je souhaite que mon oeuvre survive à mon cadavre.

Je souhaite que mes écrits publiés restent publiés, y compris tout ce que j’ai dû dépublier (= privatiser) sur Facebook et sur mon site, voire ailleurs, pour me protéger de l’idiote tyrannie des lois et des Etats.

Je souhaite que mes inédits soient publiés, même les écrits littéraires mauvais ou ratés, et même les écrits intimes ou de « gestion de projet au quotidien » (j’ai des dizaines de blocs-notes sous One Note, des Discord, des groupes (même d’anciens groupes secrets) et pages Facebook etc). Notamment, j’ai une valise remplie de manuscrits de KINSKI et d’autres textes, des romans surtout.

Je souhaite que ma musique reste en ligne, même les trucs carrément merdiques et amateurs.

Je souhaite que mes photos, même privées, soient consultables quelque part, même si je n’ai jamais fait l’effort de les publier, pour la plupart.

Je souhaite que mes sites restent en ligne, ou soient remis en ligne. C’est compliqué, je sais, surtout que j’ai eu tendance à tout auto-détruire.

Je souhaite que mes dizaines d’années de correspondances soient consultables – mails sur diverses messageries, conversations privées Facebook…

Je n’ai personne de précis à nommer comme exécuteur testamentaire car je ne vois pas qui pourrait et voudrait assurer tout ce que je viens de souhaiter, ce qui rend sans doute ce testament totalement vain, comme tout le reste.

Bonne continuation si je disparais, et bonne chance à la vie (bactéries, lichens, champignons, insectes…) pour persister après l’humanité et renaître en quelque chose de plus fort, plus grand, plus beau.

Ludovic