Cela fait plusieurs fois que sur divers sujets de société, parmi lesquels le cannabis, je vois les autorités politiques et médiatiques s’appuyer sur des autorités scientifiques pour justifier des discriminations et des criminalisations de pensées, de goûts, de besoins, de préférences personnelles. La sodomie, le triolisme, la fumette, le transvestisme, tout ce qu’ils n’aiment pas, ce qui les révulse, ils le passent à la moulinette de leurs grilles inflexibles et nous font passer, eux professeurs, députés, chercheurs, journalistes, pour des simplets et des idiots, des malades et des déficients.

Loin d’être objectifs et désintéressés, ces gens poursuivent des buts politiques et éthiques évidents : ils instrumentalisent entre autres les tests d’intelligence pour imposer leurs vues sur la totalité du corps politique, quel que soit le sujet concerné. Tout à fait comme au temps des médecines totalitaires, sans vouloir toucher tout de suite le fameux point G(odwin) du débat public.

Eh bien on va voir si je suis idiot. Je vais vous démontrer que vos tests d’intelligence ne mesurent de façon fiable qu’une seule chose : votre bêtise.

Plus vous y croyez, plus vous êtes bêtes : voilà le premier résultat de vos propres tests de QI messieurs les chercheurs 🙂

D’office, que ce soit clair : je ne suis ni docte docteur, ni chercheur sachant chercher sans son chien, ni professeur professionnel (à la solde de l’Etat, à l’abri des balles, du bon côté du manche), ni diplômé-certifié-tricher-n’est-pas-joué. Eh pourtant, mon intelligence va bousiller la vôtre. Tu m’entends, diplômé de psycho, étudiant en béhaviourisme d’influence, prof de marketing, assistante parlementaire, tu me piges bien, je vais faire du petit bois avec le grand chêne de ta superbe autorité scientifico-politique, en un temps record. T’es prêt, joueur, tu as le sens des défis intellectuels ?

Alors, toujours en préambule je vais aussi honnêtement déclarer que je ne vais faire aucune recherche documentaire pour renouveler mes connaissances très floues au sujet du test de Binet et de tout ce qui lui ressemble depuis qu’on a mis de l’argent pour développer ce joli concept de psychométrie. Oui, c’est une vraie provocation intellectuelle, que je vais justifier illico : philosophiquement, testeur, ton projet est absurde. Du coup, examiner l’erreur en détails, j’ai autre chose à foutre. Quand j’ai dit ça, j’ai tout dit : tu te mets à faire des recherches sur la quantité de kératine dans la corne des licornes de tes rêves de grand enfant fascisant, mais dès l’annonce que tu fais de son concept, ton autorité de tutelle si elle faisait le boulot te menacerait de renvoi immédiat si tu ne montres pas un peu plus de sérieux dans tes démarches scientifiques. Seul l’État et les entreprises sont disposés à payer ta came… Aucun citoyen, aucun malade n’en demande.

Tu crois que tu vas nous projeter l’intelligence par une batterie de tests de ci de ça (logique, psychomoteur, affectif, blabla) sur des échelles numériques ? Sérieusement, c’est bien ça ton idée ? Non, ton idée ne peut pas être ce délire, car une telle activité de mesure n’a en soi aucun intérêt. Non, ton idée initiale doit être quelque chose comme un projet de contrôle d’autrui.

A quoi te servirait d’aller faire des mesures des pieds d’autrui ? Pour désirer savoir les mensurations exactes des pieds de la population, il faut être soit l’Armée nationale – qui doit équiper ses millions de soldats  – soit un marchand de chaussures – qui doit coller à la semelle aux besoins de la population réelle. Aucun individu ou groupe sain d’esprit ne peut vouloir mesurer l’intelligence d’autrui, à part si c’est pour l’instrumentaliser, le traiter, le gérer, le juger (« ce tueur est-il fou ou sain d’esprit? »)…

L’envie de mesurer ne saurait être spontanée, on mesure pour construire ou fabriquer, on mesure pour agir. En l’occurrence, j’observe que de facto, les tests de type QI servent à discriminer (ah, ceux-là sont surdoués et ceux-là sont déficients mentaux, vous dites – quand vous dites ça, c’est vous les déficients mentaux).

Ces tests ne savent pas – quand j’ai énormément lu en psychologie théorique et clinique, jusqu’à 2005-6-7, du moins, je crois bien qu’ils ne le savaient pas – mesurer tout un tas de choses, comme :

L’aptitude à l’apprentissage sur tous les canaux disponibles

(De facto, les « ressources humaines » réelles de la population sont carrément sous-exploitées par la société répressive et aliénante… je ne vois donc personne chercher à tester le potentiel de développement universel de chaque individu : c’est beaucoup trop humaniste comme idée, ni l’Etat ni des médecins ou chercheurs payés par l’Etat ou le marché capitaliste ne se lanceraient dans une telle entreprise… une ONG puissante, à la limite !)

L’aptitude à communiquer avec autrui à divers niveaux

J’ai vu des tests qui mesurent l’intelligence individuelle, or l’intelligence m’apparaît phénoménologiquement comme, par définition, un phénomène transactionnel, social ET objectal par principe. L’intelligence, c’est l’aptitude à comprendre ce que veut autrui et ce dont il a besoin, c’est donc en grande partie un phénomène d’empathie. Je ne me souviens pas avoir vu des études sur les effets du cannabis, prenant le parti d’étudier ses effets sur la sociabilité, les émotions, l’expression, et l’empathie. J’ai vu exclusivement des études scientifico-étatiques malhonnêtes même si prestigieuses (un clochard intelligent est légitime à critiquer un président idiot, pas vrai ? Le QI du clochard serait potentiellement plus haut que celui du président dans ce cas là, non ? Est-ce que cela arrive, vous avez des chiffres là-dessus ? Quelqu’un vous a payé pour passer des années à savoir cela ? Oui, non, ta gueule ?)

Les habiletés et les facilités d’expression à divers niveaux

J’ai vu qu’on décrivait dans la littérature des pathologies – c’est une obsession de la médecine hygiéniste, lutter contre le Mal diabolique, les forces obscures qui font peser une menace sur la civilisation, l’ordre moral, l’ordre public, la légalité, et ta mère.

On décrit entre autres – et on discrimine, donc, parfois – des dyslexiques, atteints de « dyslexie » donc. Une de mes exs était orthophoniste, on discutait des outils qu’elle avait pour diagnostiquer et tester et rééduquer… J’ai plusieurs amis géniaux classés dyslexiques – ils n’ont d’ailleurs pas du tout le même problème à mon avis, et les 3 viennent tout simplement de systèmes d’écriture non-français (arabe, hébreu, espagnol). Cette dyslexie me fait bien rire.

J’ai lu un livre passionnant, mais rebelle et minoritaire : Pour une clinique du rapport au savoir. Il étudiait les cas d’élèves ayant de mauvais résultats, et recherchait les causes. Testés négatifs au cursus scolaire, on les aurait sans doute testés faibles au QI et aux autres attrape-nigauds de labo. Eh bien je n’y crois pas une seule seconde, et ce livre décrivait les causes des blocages des élèves : l’un détestait son père comptable, donc refus des maths, inconscient. Ce n’est pas qu’il n’en avait pas l’aptitude, l’intelligence, c’est qu’il refusait de la manifester ou de la développer. Pour tester son intelligence, il aurait fallu pouvoir mesurer son refus d’apprendre et mettre la gravité et le sérieux de ses motivations sur une échelle de 1 à 10. Un autre était forcé à la performance, et faisait donc à la fois prosélytisme et refus. Là aussi le QI serait une notion totalement à côté de la plaque.

Traumatiser un génie potentiel revient à en faire un déficient. Votre système de discrimination à la con qui multiplie les erreurs de classement va donc mettre des intelligences faibles avec des fortes et inversement, et leur appliquer des traitements de force : l’hyper-apprentissage pour les khâgneux, et la récré permanente pour les trisomiques.

Le cas des trisomiques est vraiment intéressant, il montre bien que le QI sert à classer, bien sûr leur apparence physique les classe d’office face à la majorité non-trisomique, mais devant cette étrangeté on voit bien que les hommes et les femmes scientifiques, politiques, médiatiques, ont ressenti le besoin de mesurer le monstre pour mieux en calmer l’angoisse. Depuis que j’affirme mon intelligence et que je suis sorti de la bêtise de mon milieu social, où j’ai été plongé jusqu’à mes 18 ans, je n’ai plus peur des « débiles » ni des trisomiques, ni des fous qui parlent dans la rue, ni des clochards à l’esprit et au corps flingués, ni des victimes qui souffrent en s’exprimant. Je n’ai plus peur et suis capable de communiquer avec eux/elles. Et je ne ressens pas le besoin de les classer, ni de les éloigner de moi, j’accepte intégralement d’être à leur contact que je trouve aussi enrichissant que celui des enfants.

Or j’ai vu récemment, les années passées, comment les autorités et la presse ont traité des schizophrènes criminels, avec une grande intolérance, un grand mépris. Cette fois la profession médicale a réagi avec le beau collectif La Nuit sécuritaire qui s’opposait à la psychiatrie sarkozyste. Les schizos, « fous », autistes, trisomiques, intelligences anormales, dangers publics, ostracisés, enfermés, séquestrés par l’État et la médecine, sur critères de grilles, de descriptifs, de référentiels, bref, d’outils intellectuels destinés à rendre réelles des discriminations théoriques qui n’existaient pas avant leur mise en exploitation politico-scientifique. Je vous ai bien niqués là nan ? 🙂 Pure intelligence de trickster – sortez vos rusomètres de compèt’ et vos microscopes à blagues fines x10 000 !

 

1. Défi aux scientifiques expérimentaux (et notamment aux propagandistes anti-cannabis)

Après toutes les saloperies émanant d’autorités dites légitimes et que j’ai lues à propos de la déficience intellectuelle provoquée par le cannabis, je vous lance ce défi : prenez-moi comme cobaye, et on fait une étude, non pas en double-aveugle, mais en double-vue :

L’étude vous sert à élaborer des données sur l’intelligence d’un fumeur, et l’étude me sert à mesurer votre stupidité et celle de votre étude et celle des théories et des intentions qui sont derrière votre étude. 🙂

Deal ? Vous vous chargez de mon Quotient Intellectuel, et je m’occupe de votre Quorum d’Idiotie. C’est une win-win strategy colombe au sens de Neumann et Morgenstern ça mon gaillard, tu trouves pas ça d’occasion sur eBay !!!

Le protocole pourrait être :

  • Après 1 mois où je m’abstiens de toute drogue, vous me faites passer vos tests. Cela aboutit à chiffrer mon « intelligence » (si c’est bien ce que mesure votre test…) Il apparaîtra peut-être que j’ai 60 de QI, ce n’est pas impossible, inch’Allah.
  • Ensuite, une autre fois, là je fume, et je repasse vos tests.

PAR AILLEURS, car c’est la deuxième partie de mon contrat de cobaye volontaire, j’impose d’être testé aussi sur d’autres critères, comme ma créativité, ma sociabilité, mon empathie, pour ne pas que l’étude aboutisse à des conclusions totalement partielles et partiales, où les données auraient été d’office choisies pour donner un résultat défavorable à certains enjeux de société profonds…

Je signale au passage que j’ai écrit tout cet article 1h après avoir commencé à fumer, après avoir passé une semaine sans fumer. Essayez de chiffrer mon niveau linguistique, logique, intellectuel, et ma culture générale, ma mémoire, mon attention, d’après cet article que je viens d’écrire ? Vous pouvez ptet déjà mettre des trucs en graphiques là, si vous avez du temps à perdre ?

A propos de ma sociabilité, je voudrais bien me livrer à cette expérience : j’ai 2h pour rencontrer une personne. Une fois je rencontre quelqu’un sans avoir fumé, une autre fois en ayant fumé. Vous évaluerez deux choses : la qualité de ce que je peux vous dire de cette personne – vous pouvez faire estimer ça par la personne concernée, par exemple j’essaierai de deviner certains éléments de la vie de cette personne sans qu’ils m’aient été clairement dits – vous aurez la vidéo avec le son donc vous pourrez mesurer la quantité d’infos que j’ai cru deviner et qui sont validées comme justes, exactes, pertinentes ou franchement intéressantes ou proches de la réalité par les intéressé(e)s. On fait ça une fois avec cannabis (pour moi hein !) et une fois sans.

Pour être juste à propos de cette intelligence sociale, on doit aussi me tester avec 2 groupes et dans 2 états, ce qui fera 4 expériences, avec les deux paramètres : A1 j’ai fumé, A2 j’ai pas fumé, B1 le groupe a fumé, B2 le groupe n’a pas fumé. Parce qu’évidemment, le fait de ne pas être exactement dans le même état chimique et mental induit des différences de perception suivant chaque configuration micro-sociale, qui apparaît donc comme un paramètre important de la performance cognitive, si vous me suivez ? (paramètre de communication sociale que le QI ignore superbement, un peu comme s’il testait des machines… quelle erreur terrible… Il se trouve que les trisomiques et plusieurs autres types de déficients sont des hyper-sociaux !! Les hyperactifs aussi ! Niveau créativité, certains ont la capacité monumentale de fatiguer psychologiquement et affectivement plusieurs personnes chaque jour 😉 … Alors, les appeler « déficients » en fonction du QI, c’est quoi d’autre qu’une méprisante insulte bien-pensante ?)

Je pense qu’il est possible en effet que vos études soient justes dans le chiffrage : il est possible que je perde, suivant les doses ou la fatigue mentale (je travaille beaucoup vous savez, tout idiot que je suis, j’ai une longue, longue habitude du travail conceptuel…), une partie de mes facultés. Je ne serais donc pas surpris que mon QI officiel sous beuh (carrément effondré) soit plus faible que mon QI officiel sans beuh (déjà pas top, vu comme je suis débile…) Mais je n’y verrais aucune preuve du fait que mon intelligence s’est affaiblie, j’y verrais simplement un ridicule biais de la méthode, qui n’a testé qu’un seul paramètre, s’interdit tout holisme, et arrive de toute façon avec une grille fortement normative, imprégnée de social, de politique, d’économique – une grille destinée à mesurer les aptitudes linguistico-logico-mathématiques des gens, en général en vue de déterminer leur valeur et leur place dans la hiérarchie sociale pyramidale et le système de production. Les gens n’aiment pas spontanément résoudre des batteries de tests absurdes. L’intelligence sociale n’a jamais mené là – la bêtise fasciste, si !

Je ferais volontiers, s’il s’agissait de tests linguistiques, des tests impliquant une mesure de la quantité et de la qualité de créativité dont je suis capable, avec herbe et sans herbe. Je veux bien passer vos tests logiques et mathématiques, mais en échange, on fait aussi une épreuve dissertation libre, d’accord ? Ou sketch comique, ou démonstration philosophique, ou paroles de chanson, comme vous voudrez. On pourrait avoir pour règle par exemple de tester ma grammaire et ma syntaxe et mon vocabulaire – ou ce qu’il en reste ! 😉 – quand j’ai et n’ai pas fumé, je serais intéressé de voir les différences… Un challenge pourrait être pour moi d’écrire les phrases les plus longues et les plus compliquées possible. Un de mes textes, Apaisante et consolatrice (ça désigne la mort…) est écrit d’un seul trait, en une seule phrase de 10-20 pages. Je peux le refaire. Si je peux montrer que, avec comme sans beuh, j’ai été capable d’une longue, énorme phrase riche, plaisante, littéraire (elle aura le droit d’être transgressive, les anacoluthes seront permises, OK ?), dans ce cas est-ce que l’État et les experts-psychologues voudront bien me dispenser d’aller faire le débile en prison pendant 1 an pour avoir fumé pendant que j’écrivais certaines pages de mes livres, de mes articles, de mes analyses narratologiques ?

J’aimerais aussi que vous me testiez sur une épreuve de musique pure. Je sais que l’idée ne vous enchante pas car la musique, c’est souvent un truc de gaucho, mais bon… Donc là encore on fait ça comparativement, vous me donnez 4h d’Ableton Live sans beuh et 4h avec beuh, et on voit si mon sens de l’harmonie, du rythme, des effets, ont faibli ou forci ou autre.

Faudrait aussi mesurer sur une durée moyenne genre une semaine avec et une semaine sans, tout ce que ça change. A mon avis y’a du bon et du mauvais, c’est bien pourquoi j’alterne, pas folle la bête…

Il faut aussi mesurer mon intelligence émotionnelle et mes paramètres physiques, et voir ce que j’en fais et si c’est profitable.

Par exemple, vous pouvez peut-être mesurer avec assurance et prouver qu’en moyenne un sujet sous cannabis sera plus émotif qu’un sujet sans. Dans ce cas, le résultat ne veut rien dire en soi. Si c’est pour conduire une machine avec précision, mieux vaut ne pas fumer. Mais si c’est pour écrire des paroles bouleversantes, alors un joint pourrait contribuer à relaxer l’esprit et à laisser venir des intuitions et des émotions troubles que la conscience normale aurait négligées. Mesurer un facteur « en soi » et sans considérer la dimension, le contexte où la faculté mesurée sera censée s’appliquer, ça ne sert strictement à rien vu que suivant les dimensions et les contextes la faculté en question sera un atout, ou un handicap ou rien.

Il faut aussi mesurer ce que le plaisir (en partie placebo !) de l’herbe apporte à mon équilibre affectif en général. Si pour une raison ou pour une autre la beuh me fait me sentir mieux, dans ce cas je suis plus disponible, en moyenne, à mon travail cognitif, non ? Il y a un mécanisme de renforcement positif, non ? La beuh pourrait ralentir ma logique, mais améliorer mon bien-être d’ensemble, donc ma productivité, s’il en était question, possible ou pas possible ? On teste ?

S’il s’agit de mesurer mes erreurs : j’ai admis que j’étais plus susceptible de faire des erreurs sous cannabis que sans. Par contre, pour être intègre, je demande un examen de la qualité, de l’efficacité, du sens et de la valeur de ces erreurs, d’une manière globale, comparée au processus d’apprentissage. Car, regardez… S’il s’avérait que je fais 10 fois plus d’erreurs, mais que je tente 100 fois plus de solutions, j’aurais finalement un meilleur taux de résolution de problèmes, non ? Hé, niqué, là encore… Et je veux un examen de ces erreurs à la lumière du concept désormais bien connu de sérendipité, c’est à dire les trouvailles de hasard, ou même les bénéfices de l’erreur. En se trompant, on trouve parfois des choses meilleures que tout ce qu’on aurait pu trouver sans se tromper. Niqué, et reniqué !!

De facto de toute façon je sais que vos tests et vos descriptions ont tort, carrément tort, car ils prédisent sans le vivre le contraire de ce que j’observe en le vivant. Vous êtes anti, je suis dedans depuis 10 ans, et cela n’a en rien stoppé ma production intellectuelle et artistique. Les limites que j’éprouve sont celles de mon intelligence et de ma créativité. Je ne ressens pas l’herbe comme un empêchement, bien au contraire. Elle a un double effet, stimulant et relaxant, apaisant et fatigant. Elle me fait bloquer parfois, et parfois sauter d’une planète à l’autre facilement… Ce fait énorme et évident me conduit à penser que vous n’êtes rien d’autre que des menteurs professionnels, payés à prouver des données aussi partielles que partiales, sans faire la chose la plus simple du monde pour des gens qui se réclament de la science expérimentale par définition : en faire l’expérience sur vous-mêmes et voir si cela casse votre intelligence. C’est l’État qui finance vos recherches qui visent à confirmer ses lois prohibitionnistes de merde dont il est convaincu : on paye rarement quelqu’un pour qu’il nous contredise. Vous avez donc tort au niveau scientifique et vous êtes négligents ou collabos au niveau éthique et corrompus au niveau politique, et ça commence à faire beaucoup, après ça on se demande du haut de quelle putain d’autorité vous prétendez parler ou savoir la vérité mieux que ceux qui la vivent.

Et puis je vais remettre ça sur le tapis. Les services nationaux de l’État français m’ont donné 13000€ en 2006 et 5000€ en 2008, pour encourager mon travail littéraire, sur la base de ce que j’avais publié à ces moments. Ce sont des intellectuels et des éditeurs reconnus et délégués, choisis, sélectionnés, payés par l’État, qui ont reconnu une valeur à mes productions artistiques. Or cette œuvre est écrite en partie sous l’effet du cannabis, depuis environ 2002, vous voyez le paradoxe énorme ? A partir de là, l’Etat ne fait rien que se contredire. Il dit que ma production intellectuelle vaut récompense, et qu’elle me vaut aussi punition pénale et blâme psychométrique !! Les deux en même temps, comme le chat de Schrödinger qui, dans la boîte, n’est pas dans la boîte !! Je suis pas psy, mais ça m’a l’air schizo et ça me fait un peu peur, police !!! Au secours !!! L’Etat schizo refait sa crise de chasse aux camés !

Pour finir : dans cette étude, je veux aussi que vous passiez vos propres tests  de QI et que l’étude publie vos résultats à vous en tant que sujets, cobayes, rats, vous scientifiques, journalistes, décideurs et législateurs.

On veut pouvoir accéder à chacune de vos erreurs de logique, d’attention, d’interprétation, pour mieux pouvoir pondérer ce que vous dites avec ce que vous faites et avec ce que vous êtes réellement.

Eh oui, s’il s’avère que la brillante étude est signée par un QI d’huître aux phrases lourdingues, à la logique floue même sans fumer, à la pertinence approximative – bref, un chercheur en sciences cognitives qui soit en même temps un militant anti-cannabique idiot, ça doit pouvoir se trouver – eh bien dans ce cas peut-être que nous autres les pauvres en esprit de la communauté non-scientifique verrons d’un autre œil la pertinence de vos rapports cliniques frauduleux.

2/ Appel aux intellectuels, artistes et scientifiques amis du cannabis

Chères amies, chers amis, on nous calomnie dans les grandes largeurs, je lis beaucoup la presse et je constate que la communauté scientifique aime publier des rapports sur nous pour conclure que nous sommes des gros débiles, dangers publics de la rationalité et délinquants notoires de l’équilibre mental.

Nous produisons une partie de l’art et des sciences de cette société, sa musique, son cinéma, son journalisme, sa littérature, ses spectacles, ses sciences, ses techniques, ses logiciels. Nous fumons de l’herbe occasionnellement ou régulièrement, certains tous les jours, certains beaucoup. Nous sommes en moyenne plus de gauche, plus pauvres, et plus généreux que nos concitoyens, et sans doute que les scientifiques et les journalistes qui nous traitent comme des ânes malades, et nous laissent nous faire réprimer en tant que délinquants toxicomanes par divers États occidentaux qui militent activement contre l’usage des drogues et sont prêts à nous envoyer en taule du fait qu’on ait fumé, acheté, vendu, donné du cannabis.

Je vous demande donc, bande de gros débiles, de m’envoyer vos témoignages clairs, nets et précis par commentaires ci-dessous, sur :

1/ Votre métier, vos compétences intellectuelles, vos habiletés techniques, vos plus grands succès, vos diplômes

2/ Vos habitudes de consommation du cannabis : quelles doses, quelles fréquences.

Anonyme, pseudo, complet, pas complet, peu importe, mais parlons, réagissons à l’info comme quoi nous devenons cons. Vrai ou faux ? Tu es con, fumeur qui me lit ? Tu deviens con quand tu fumes ? Tu deviens con quand tu travailles pour l’État ? Tu te sens intelligent ? Vas-y, parle.

Montons une petite base de données cliniques de notre côté : les fumeurs et fumeuses parlent, s’auto-observent, décrivent le bon et le mauvais, les vrais effets – au moins les effets perçus et vécus – mais c’est la seule chose qui importe non ?

Le but est l’honnêteté intellectuelle, ni l’apologie ni le pamphlet. On veut des faits ! Êtes-vous encore capables de penser, de créer, de réfléchir, lire, voir, entendre, produire, performer, jouer, quand vous avez fumé ?

Voilà, je laisse tout le monde le loisir de réfléchir à toutes mes petites propositions ici et là, je retourne me griller le cerveau à mort sur un autre sujet, pendant des heures d’apathie intellectuelle. C’est malheureux à dire, mais d’avoir écrit une encyclopédie sur tous les sujets, finira vraiment par rendre mon cerveau limace.

Que faire ?

PS : Je viens de passer sur le blog littéraire de mon amie et estimée collègue Eva Knauth. Le 29 septembre 2012, Eva a recopié une phrase de Simone Weil (la philosophe morte en 43, et pas Simone Veil sortie de Ravensbrück et auteure de la loi légalisant l’avortement) :

« Après des mois de ténèbres intérieures j’ai eu soudain et pour toujours la certitude que n’importe quel être humain, même si ses facultés naturelles sont presque nulles, pénètre dans ce royaume de la vérité réservé au génie, si et seulement si il désire la vérité et fait perpétuellement un effort d’attention pour l’atteindre. »

A propos de Simon Weil – ouais, quand on se défonce la tronche, ça n’en finit plus les questions et les réponses… – sa notice wikipédia m’apprend ceci :

« Décidée à vivre avec cinq francs par jour, comme les chômeurs du Puy, elle sacrifiait tout le reste de ses émoluments de professeur à la Caisse de Solidarité des mineurs. »

LOL et re-LOL, parce que c’est vraiment pas ce que je vois faire tous nos connards d’experts en costumes chéros, hein les Billy Boys ?