2_Histoire-du-jeune-homme

Présentation

Écrit en 1999 à l’âge de 21-22 ans, Histoire d’une jeune homme est une autobiographie qui efface toute référence personnelle au sujet d’une inscription du moi dans un espace-temps historique et imaginaire qui le dépasse de toutes parts.

On connait le projet autobiographique standard: l’auteur se prend pour objet, raconte sa vie, fouille ses détails personnels, regarde en soi-même – certains et certaines pour y trouver une vérité intime, très personnelles, et d’autres pour y trouver l’universel. A cette époque, j’avais trop de choses à cacher, à taire, à nier. Dès lors mon autobiographie – et mon besoin d’autobiographie – consistaient fondamentalement à me renier intégralement, à raconter et prouver symboliquement que non, je n’étais pas ce que j’étais.  Au lieu de me réduire à mon minuscule et humiliant état-civil, je me suis reconstruit symboliquement comme esprit universel, citoyen de lointains passés et de futurs rêvés, revendiquant mes possibles comme mon identité en lieu et place de mon identité.

13 ans plus tard, aujourd’hui âgé de 35 ans, je reste totalement en phase avec ce livre, alors que depuis j’ai fait tout le contraire. En 2006 en effet j’ai publié dans le catalogue de l’artiste Anne-Valérie Gasc Bomb Bunker Buster une autre autobiographie, cette fois hyper-réaliste : Hors-Les-Murs, Cramé contre Cramé. Là où Histoire du jeune homme transposait toute ma réalité systématiquement, Hors-Les-Murs re-raconte mon passé personnel, familial et social en donnant les détails les plus exact, sans travestir aucun nom. Histoire du jeune homme utilisait des périphrases pour tout. Hors-Les-Murs au contraire  balance à la face du lecteur toute la véritable merde biographique que j’avais auparavant voulu oublier. On ne peut pas oublier. Dans les deux cas quoi qu’il en soit, le souci était le même : contredire le narcissisme, la petitesse du moi et l’égoïsme qu’on porte tous en nous, avec deux moyens très différents : dans Histoire du jeune homme, universalisation du sujet ; dans Hors-Les-Murs, réintégration du sujet à son ancrage social aussi dégradant soit-il, revendication d’appartenance à un milieu de merde dans une société de merde (la nôtre, ici et maintenant). L’un, puis l’autre, m’auront permis de faire la synthèse : ce que j’ai été me conduit à devenir ce que j’ai voulu être en puisant dans l’identité et l’expérience collective de toute l’humanité, de la plus prestigieuse à la plus sordide.

Chapitres

I. Prologue, où l’on voit que l’empereur Othon, mort à 22 ans, n’aimait pas la mort mais au contraire contribuait à rédiger mon Livre

II. Où l’on voit des personnes couchées dans les origines et luttant pour ne pas s’y laisser inhumer

III. Où l’on continue à investiguer en masse pour écrire et décrire ce qui s’est passé dans le jeune homme

IV. Où l’on voit le jeune homme en danger résister à l’oppresseur en faisant appel à l’intelligence

V. Où l’on passe en revue différents types d’altérité

VI. Où l’on voit dans l’avenir deux ou trois manières qu’aurait le jeune homme de continuer et terminer sa vie

VII. Où l’on finit par apercevoir par endroits la totalité du réel blottie sous une épaisse couche de diversité

Histoire-du-jeune-homme bouleversé en marche vers la totalité du réel