Je crois que c’est Isabelle Stengers qui avait écrit cette phrase : « Si la philosophie est un chien, la sophistique est son loup. »

Je vais défendre dans un autre domaine une idée similaire : si la médecine médicamenteuse est un chien, le deal de drogue est son loup.

D’abord un petit état des lieux de la consommation de drogues et de médicaments modificateurs des états de conscience en France

1/ Consommation de drogues

Je vais ici m’appuyer sur les chiffres donnés par l’article du Figaro La consommation de drogues en France et en Europe.

  • « En France, la consommation de cannabis représente 80% de la consommation de l’ensemble des drogues, et concerne 3,9 millions de consommateurs, dont 1,2 million de consommateurs réguliers. A l’âge de 16 ans, les Français sont les premiers consommateurs de cannabis en Europe. »
  • « Les amphétamines et les ecstasy sont la deuxième drogue la plus consommée en Europe, après le cannabis. Près de 12 millions d’Européens ont déjà essayé de consommer des amphétamines. »
  • « On estime à 14 millions le nombre d’Européens ayant consommé de la cocaïne au moins une fois dans leur vie, soit 4,1% d’adultes âgés de 15 à 64 ans. 4 millions d’Européens auraient consommé de la cocaïne au cours des douze derniers mois, soit 1,3% en moyenne des Européens. En France, l’expérimentation de la cocaïne concerne 25 000 jeunes, mais l’on dénombre, selon le ministère de l’Intérieur, 250 000 consommateurs à divers degrés. »
  • « Le nombre de consommateurs dépendant aux opiacés et à l’héroïne est située entre 3,6 et 4,4 cas pour 1000 individus âgés de 15 à 64 ans. Cela représente environ 1,35 million de personnes dépendantes aux opiacés. »

Quelques remarques au passage : d’abord, les chiffres élevés montrent que la répression et l’interdiction ne sont efficaces que pour financer le crime, pas pour nous empêcher de prendre des drogues. La prohibition n’a aucun effet positif, à part créer des millions de délinquants aux yeux de votre loi de merde.

Et ensuite, la disproportion flagrante entre la conso de cannabis et celles de drogues dites « dures », notamment la coke et l’héro, montre clairement l’invalidité totale de l’argument qui suppose que toucher à une drogue signifie finir camé jusqu’au trognon : en l’occurrence, des millions de gens ne prennent que du cannabis, ce qui prouve que le cannabis n’est pas la porte ouverte à l’héroïne par exemple. Perso, j’ai jamais vu ni pris d’héroïne et ça ne m’intéresse pas de devenir zombie. Mais je veux rester fumeur.

2/ Consommation de médicaments modificateurs des états de conscience

Ici, je me base sur des chiffres donnés par l’article de lemonde.fr sur « les benzodiazépines, une overdose française« , entre autres. L’article commence ainsi :

« Il est certains records dont on se passerait. Telle notre consommation nationale de tranquillisants, somnifères et autres « pilules du bonheur » : nous sommes les champions européens de leur utilisation. Pour les hypnotiques (somnifères), nous sommes en deuxième position derrière la Suède. Pour les anxiolytiques (tranquillisants), nous sommes les deuxièmes derrière le Portugal. Pour les deux réunis, les premiers.

Cette overdose française concerne notamment les benzodiazépines. Ces psychotropes, 22 en tout sur le marché national, sont indiqués dans le traitement de l’anxiété, des troubles sévères du sommeil, des épilepsies et des contractures musculaires douloureuses. Un Français sur cinq a consommé au moins une fois une benzodiazépine en 2010. Plus de 25 millions de personnes [en France] ont été exposées à l’un de ces médicaments entre mi-2006 et mi-2011, note l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). »

Et l’article du monde se termine ainsi :

« Consommation. 110,9 millions de boîtes de benzodiazépines ont été vendues en 2011 (hypnotiques + anxiolytiques), contre 110,3 millions en 2010 et 107,7 millions en 2009. Soit un montant de 210,6 millions d’euros de remboursements de l’assurance-maladie en 2011.

Indications. En France, 50,2 % des benzodiazépines (ou molécules apparentées) prescrites sont des anxiolytiques, 37,8 % sont des hypnotiques, 7,3 % sont des myorelaxants et 4,8 % des anti-épileptiques.

Durée. La moitié environ des sujets traités par des benzodiazépines anxiolytiques et hypnotiques le sont plus de deux ans (avec ou sans interruption de traitement). Les durées maximales recommandées sont de douze semaines pour les premières, de quatre semaines pour les secondes. »

Petite comparaison pour se mettre en bouche :

D’office, un constat s’impose : le deal légal de modificateurs de conscience par les médecins concerne plus de consommateurs toxicomanes (car bien sûr les médocs de la psychiatrie SONT toxiques, alors que le THC du cannabis ne l’est pas 🙂 ) que le deal illégal de cannabis et de toute autre drogue par les dealers !!

Cherchez l’erreur.

2. L’irrésistible ascension de la médecine d’État

L’État et la médecine, c’est une éternelle histoire d’amour.

Cela se comprend facilement : la médecine est l’instrument de contrôle numéro 1 du « corps social » par la « tête de l’État » (qui est une tête de nœuds, soit dit en passant).

Depuis que la médecine occidentale (une médecine comme une autre, impuissante à soigner des centaines de maux, capable d’en soigner certains qu’aucune autre médecine n’avait su soigner avant) s’est constituée à la fois en discipline scientifique et en corporation professionnelle qui tient le haut-du-pavé, c’est avec le soutien et sous le contrôle et l’autorité des États qu’elle a conquis prestige, visibilité et respectabilité.

Cela a commencé avec les médecins du Roi, auteurs de traités sur tout et rien, et sortes de Ministres de la Santé de l’époque. Ils croyaient et prescrivaient n’importe quoi, diagnostics délirants et prescriptions loufoques, mais leur position sociale leur donnait presque toujours raison – sauf quand bien sûr le Roi était mort d’une simple grippe et que le charlatan au pouvoir n’avait rien trouvé à faire, à part poser quelques sangsues bien sûr, pour la forme.

Cela s’est installé avec les Académies de médecine, formant des gens dont le pouvoir guérisseur réel ou prétendu était destiné exclusivement aux « gens de valeur » – les aristocrates. En soignant les maux des nobles, les médecins de l’âge classique ont fait leur petit bonhomme de chemin dans la société et dans l’État, venus de la magie et de la sorcellerie ils se sont convertis à l’anatomie et à la chimie, et une fois devenus assez nombreux, assez riches d’avoir pompé les Rois et saigné les Seigneurs, assez éduqués d’avoir lu et écrit traité sur traité, ils ont pris le pouvoir en 1789 en s’alliant aux autres grandes professions bourgeoises, notamment ces enculés d’avocats (Robespierre, Saint-Just…)

La Révolution qu’ils ont faite avait pour but de remplacer la noblesse par leur propre domination. Ils ne voulaient certes ni démocratie ni égalité réelle avec le peuple, ils voulaient une sorte d’aristocratie par le mérite et le fric – ce qu’on appelle bourgeoisie – sans en donner les moyens à qui que ce soit d’autre que leurs fils aînés.

Le 19è siècle a été le grand siècle des carabins au pouvoir, les « hygiénistes » s’occupant des « maux du corps social« .

Pour eux, santé publique et prospérité de classe allaient de pair : les médecins s’occupaient de fournir aux industriels, aux gouvernants, aux Généraux, des ouvriers, des paysans et des soldats en état de fonctionner. Un ouvrier ou un paysan ou un soldat (=90% de la population au 19è siècle, grosso modo) qui crève du typhus ou du choléra, c’est un esclave de perdu, donc il vaut mieux soigner l’esclave, réparer la machine à bosser.

Les médecins s’occupaient aussi de sexualité – certes pas dans le but de favoriser l’épanouissement, au contraire… – dans la même optique : reproduire la force de travail ; une de leurs prescriptions justement, c’était l’abstinence, un impératif absolu d’après eux dans de nombreux cas, car la sexualité épuise, vide le corps de son énergie, alors que l’ouvrier devrait bosser et la femme laver le linge et soigner les marmots.

Ils avaient une autre idée derrière la tête, qu’ils ont été nombreux à développer : assurer la « pureté de la race » – ce qui a donné lieu à de ridicules études raciologiques sur la forme des crânes, un genre de médecine qui a trouvé son apogée dans les camps de concentration et d’extermination nazis. Ainsi le célèbre criminologue-fumiste Lombroso, qui pensait pouvoir détecter les criminels à leurs mensurations squelettiques, était un de ces médecins pré-fascisants.

On peut leur dire merci, car ils ont inventé, ces médecins éduqués, « révolutionnaires », « progressistes », « hygiénistes », les pires procédés répressifs. Comme auteurs de crimes contre l’humanité, ils sont fortiches les pros du corps souffrant : campagnes de stérilisation en masse à l’insu des populations concernées, tests de produits dangereux à l’insu des patients, administration de drogues à l’insu des patients, prescriptions de médicaments mortels, etc.

Depuis qu’il y a des députés, c’est-à-dire sous les Républiques I, II, III, IV et V, une bonne partie d’entre eux sont des médecins, parfois des professeurs de médecine. On connait bien le phénomène scandaleux de la non-représentativité des députés par rapport aux populations qui les élisent. Il semble que les électeurs, majoritairement du peuple, ne s’aiment pas assez eux-mêmes et élisent donc assez systématiquement des gens plus friqués, plus éduqués, et plus fachos qu’eux. Cela nous a donné un bon nombre, non seulement de députés, mais aussi de Ministres, de Présidents du Conseil, de Présidents de la République, et autres chiens et chacals qui aiment se percher haut pour mieux pisser sur le peuple.

Les médecins ne sont donc pas pour rien dans les affaires de l’État, notamment ces quelques horreurs :

  • la colonisation, ils étaient pour et la géraient ; ils s’occupaient des épidémies là où le colon ou le général avaient besoin de travailleurs ou de soldats. Aussi bien, les nouvelles connaissances sur le caractère infectieux/contagieux de certaines maladies, a aidé les États à se débarrasser de populations qui les gênaient : ainsi le choléra a-t-il été, sciemment et volontairement, utilisé pour éliminer ce qu’il restait des 10 millions d’Indiens d’Amérique. Le Bureau des Affaires Indiennes des USA distribuait aux indiens des couvertures infectées. Les Indiens mouraient donc rapidement, et les colons blancs venaient prendre les terres. Sans les médecins, cette méthode de génocide n’aurait pas pu faire de victimes. Les médecins ont volontairement fait pire que la peste et le choléra. Le choléra, on ne peut pas lui demander d’observer des règles éthiques de base. Apparemment, le médecin non plus.
  • la guerre, ils étaient pour et la faisaient, planqués de préférence, à soigner les blessés, sans se battre ; ils ont inventé des méthodes de soin pour les blessés de leur camp, et aussi des armes chimiques, bactériologiques et autres conquêtes scientifiques, contre les hommes du camp opposé. Ils ne veulent ni la vie ni la mort, ils veulent juste être bien payés pour leur service. Ils sont relativement indifférents à celui qui les paye, que ce soit une démocratie ou un État totalitaire, de toute façon ils font le boulot qu’on leur demande.
  • les droits des femmes (surtout des leurs !), ils ont longtemps été farouchement contre, ils développaient tout un tas de fadaises pour prouver l’infériorité politique des femmes par une prétendue infériorité biologique, une « faiblesse » congénitale, une propension à l’hystérie (ah, Charcot…), une inaptitude intellectuelle au jugement et à la Raison raisonnable, etc. Leur prédominance politique les a aidé à bafouer les droits de la moitié féminine de l’humanité pendant des siècles. Les femmes citoyennes partout dans le monde ont prouvé par le fait l’immense bêtise de ce corps médical masculin qui a affirmé des inepties pendant des siècles, sans preuve, et sans contradiction.
  • la torture et la répression politique. Dans le monde capitaliste comme dans le monde communiste comme dans le monde fasciste, la médecine, et notamment la psychiatrie, ont servi à fournir des experts de la torture, de l’interrogatoire musclé, du « lavage de cerveau », de la rééducation totalitaire, de l’exclusion sur la base de la « non-conformité psychique », etc. Ils ont donc enfermé des milliers d’innocents, et ils les ont aussi torturés psychiquement et psychologiquement, surveillés, ont noté leur état de santé qui se dégradait ou constaté le décès des prisonniers politiques. En URSS comme en Allemagne comme en France comme en Argentine.
  • aujourd’hui, ils ont changé de secteur et d’employeur. Ils bossent maintenant pour les grandes marques et les grands médias et s’occupent de conditionnement mental, d’influence inconsciente, de manipulation psychique, etc. Une façon fort rémunératrice de violer les âmes en instrumentalisant les savoirs de la psychologie expérimentale.
  • ils bossent aussi en masse pour le génocide animal. Ils s’occupent par exemple de valider et de déclarer « conformes, cool, OK, pas de problème » les gigantesques mouroirs contemporains de l’élevage industriel d’animaux. Quiconque aurait du cœur assassinerait ces éleveurs cruels, mais les médecins, vétérinaires, laborantins, eux, elles, collaborent, touchent le pognon et font le boulot sans objecter. Braves bêtes !
  • le dopage. Aucun sportif ne saurait se doper sans assistance médicale et sans recherche médicale fondamentale. Lance Armstrong était le bénéficiaire des injections, mais c’étaient des médecins, des laborantins et des chercheurs qui fournissaient ses cames, les corticoïdes, l’EPO, les hormones de croissance, etc. Encore aujourd’hui je lis un article du Monde sur le dopage en Australie. L’article met en cause dès le début un possible lien entre le dopage et le crime organisé – un bouc-émissaire bien commode – sans dire un seul mot sur la responsabilité de tous ces médecins du sport de haut niveau, qui fournissent leur dope aux athlètes en toute illégalité mais au vu et au su de tous : les athlètes dopés par les médecins frauduleux atteignent des sommets de notoriété, avant de s’écrouler d’une manière tout aussi fulgurante dès qu’on les a pris la main dans la trousse à pharmacie. Leur nouveau truc est d’administrer des substances qui ne font pas encore l’objet d’aucune interdiction. La mise au point de ces substances vient forcément des laboratoires qui ont pignon sur rue. Vous cherchiez des dealers ? Prenez l’annuaire, section « Laboratoires ».

Ils nous en ont fait bouffer des couleuvres, on a dans nos archives des encyclopédies entières pour documenter leurs erreurs, leur suffisance, et leur ignorance.

Au 20è siècle, la médecine est devenue une sorte de droit démocratique. La mise en place de l’État-Providence après 1945 incluait un service universel de santé, qui n’a fait que se développer et se généraliser ensuite, pour aboutir à notre situation : des médecins partout (sauf dans les déserts ruraux), une bonne tripotée d’incompétents notoires, relativement intouchables car toujours potes avec l’État, payés directement par l’État, gérés par lui, ils sont devenus des quasi-fonctionnaires d’une science froide qui ne comprend plus que les organes, et qui n’a plus rien à dire aux personnes qui vivent dans les corps qui souffrent.

Conventionnés, remboursés, légaux, ces médecins sont d’office présumés sérieux et compétents. Ils jouissent d’une bonne image, sans doute en lien avec leur précédente ascension sociale en quelques siècles et tout le fric qu’ils ont eu l’intelligence de se faire sur la douleur d’autrui. Ils sont formés pendant des années (en voyant le résultat, je me demande s’ils jouaient plutôt à Pong ou plutôt à Tétris pendant les cours ?), leur formation coûte des sommes folles comparée à la formation de lettrés dans mon genre (la mienne ne coûte que des livres, pas besoin de rayons laser), bref, ils tiennent le haut du pavé.

La médecine s’est arrogée le monopole du soin, faisant interdire et réprimer toute alternative

Aujourd’hui donc, les médecins sont en situation de monopole dans le secteur de la distribution des modificateurs de conscience. Toute autre pratique est soit interdite soit a priori tenue pour hautement suspecte. Et bien entendu, quand on parle d’une classe sociale qui marche main dans la main avec l’État, ils se réservent l’exclusivité absolue de la légitimité médicale. Le tour de passe-passe est simple comme bonjour, il suffit de discréditer, calomnier et empêcher toute autre forme de soin.

  • Ainsi, la psychanalyse – qui ne parle pas aux organes, qui n’utilise pas de machines coûteuses, qui traite les mots seulement avec la parole, et même pas la parole du médecin, non, celle du patient, et ça pour eux c’est intolérable, c’est contre-révolutionnaire, ça leur ôterait le pain de la bouche – la psychanalyse n’est pas et n’a jamais été remboursée, car elle n’est pas, apparemment, considérée comme une thérapie par l’État et tous ses gentils amis.
  • Les médecines non-occidentales, elles, sont carrément criminalisées et interdites. Se faire appeler médecin quand on pratique une médecine différente n’est pas toléré par les Héros nationaux de la science et de l’hygiène et de la santé. Vous pouvez vous prétendre soignant alternatif, thérapeute non-conforme, mais il vous faudra alors trouver des subterfuges, ruser avec leur loi, sinon ils vont traîneront devant un juge pour « usage illégal de la médecine ». Eh oui, d’après eux, leur médecine est quelque chose de fiable, totalement légitime, et il n’y a aucune alternative… (On se demande bien comme les Africains et les Mayas et les Chinois et les Perses ont fait pour survivre sans nos toubibs…)
  • Une autre médecine qu’ils n’aiment pas du tout voir dans leurs parages, c’est l’automédication des gens grâce aux drogues. Là, ça se complique beaucoup, car ils sont juges et parties. Du coup, examinons ce point de plus près.

La médecine camée jusqu’aux yeux s’est réservée le monopole des drogues

En effet, les drogues de synthèse modernes ont été inventées précisément par des chercheurs en médecine. C’est le cas de la cocaïne (prescrite par le docteur Freud à un moment ; il aimait bien ça lui-même, comme stimulant intellectuel), de la caféine et de la théine, de la nicotine, du LSD, des amphétamines (speed), etc etc. Ce ne sont pas d’abord des dealers qui ont inventé les drogues, ni des « toxicomanes« , comme nos amis médecins nous appellent aimablement.

D’après eux, le fait que j’aime fumer du cannabis ou occasionnellement prendre du speed ou de la MDMA, mérite que je sois qualifié de toxicomane, donc littéralement « fou des toxiques » ou « fou intoxiqué » : les gars ne m’ont fait passer aucun examen psychologique ni biologique, et pourtant, du simple fait que j’aime fumer, me voilà défini par leurs critères à la con, leurs jugements de valeur qu’ils font passer pour des avis scientifiques autorisés, entre autres arnaques conceptuelles pour lesquelles ils sont remarquablement doués… Je constate en effet que des fous essaient de m’intoxiquer l’esprit, mais ces fous ne sont ni des toxicos ni des dealers, ce sont plutôt des médecins au pouvoir dans leur cabinet de ville, et dans leur chaire d’enseignement, et à l’Assemblée, et dans les Ministères.

Ce sont des chercheurs et des médecins qui ont cherché, trouvé, amélioré, testé puis diffusé leurs découvertes en matière de psychostimulants, calmants, euphorisants, anxiolytiques, etc. Là-dessus, et conformément à son éternelle morale hygiéniste tombée du ciel platonicien des idées creuses, la médecine vient nous dire que prendre ce qu’elle a découvert, ce qu’elle a prescrit, ce qu’elle a donné de gré ou de force à ses soldats pendant chaque guerre du 20è siècle, ce qu’elle a fait prendre à ses sportifs pour qu’ils donnent une bonne image de leurs États nationalistes (le dopage vient de loin : par exemple, on sait que l’équipe de foot de RDA qui gagnait tout dans les années 50, gagnait parce que des médecins leurs fournissaient des dopants), elle vient nous dire que tout cela c’est finalement très mal. Elle seule a le droit de toucher aux drogues !!

Du coup, elle prend un café et se fait un fixe avec son pote l’État, et ensemble, les voilà qui nous rédigent – défoncés et paranoïaques – des tas de lois contre tout, même contre une plante étrangère : ils bâtissent des classifications de « produits stupéfiants« , les déclarent carrément illégaux, et assortissent le constat de toute transgression prouvée de diverses condamnations qui vont de l’amende à la peine de prison (c’est bon pour la santé la prison, d’où le nom de la célèbre Prison de la Santé bien sûr 😉 )

Et donc une fois que c’est fait, que les médecins ont déclaré les drogues illégales et que l’État a mis sa flicaille et toutes ses BACs de ROBOCOPS sur le coup, la médecine a remporté le tournoi de poker menteur haut-la-main : le phénomène « dealer illégal » étant contrôlé, fliqué, réglé, il ne reste plus qu’un seul acteur sur le gigantesque marché de la drogue : la médecine occidentale, unique dealer légal ! Bien joué les mecs !

Médecine généralisée + population déprimée = overdose de drogues légales

L’État missionne les médecins pour soigner la population. En théorie du moins.

En pratique, le médecin reçoit la population et constate que cette population est triste, fatiguée, malade. Cette population est brisée par le travail aliéné, la solitude subie, le désespoir, l’exclusion, le racisme, le viol, l’inceste, les violences conjugales, les violences parentales, la peur d’un monde trop grand, l’angoisse de mille dangers qui rôdent ou dont on nous fait croire qu’ils rôdent. Le médecin prend d’abord la carte vitale, attend que le crétin de patient ait fini de se plaindre, sort maintenant son grand calepin à prescription magique, et bombarde tout l’arsenal : antibiotiques à tout va, antidépresseurs en-veux-tu-en-voilà, somnifères, pilule contraceptive, pommade pour les muscles, sirop contre la toux, etc etc. Ils ont une molécule pour chaque problème. Ils prescrivent de préférence la molécule vendue par le laboratoire qui leur offre leurs vacances en Tunisie ou aux Seychelles – cette molécule a en effet de bien meilleurs effets secondaires pour eux-mêmes, c’est scientifiquement prouvable…

Bref, ils se comportent exactement en dealers : ils voient des clients qui formulent plus ou moins adroitement une demande de soin, et ils comprennent quasi-systématiquement qu’on leur demande de la came, alors ils sortent leur stylo et écrivent – en chinois, pour être sûr qu’on ne va pas chercher à comprendre ce qu’ils font – sa liste de came à chaque « patient ».

Bien sûr, si la population allait voir un être humain plutôt qu’un médecin-dealer, cet être humain pourrait écouter et répondre avec des mots, des idées et des sentiments, au lieu de médicaments.

Si la population allait dire à quelqu’un de censé : « j’arrive pas à dormir ! », la personne censée répondrait : « ben reste au calme, ne travaille pas trop, prends l’air, vois des gens que tu aimes, jardines, occupe-toi d’animaux ou d’enfants, vas nager dans un lac ».

Si la population disait : « je me sens triste, déprimée, ce monde me déplaît », quelqu’un de sensé dirait : « ben, fais ce qui te plaît, arrête de faire ce qui ne te plaît pas, et la joie reviendra d’elle-même ».

Si la population disait « j’ai mal au dos, j’en ai plein le cul, j’en ai ras la casquette, j’ai mal aux dents, au ventre, à la tête », une personne censée répondrait : « mais forcément, dans ce monde injuste et violent, forcément que tu souffres ! Rassure-toi, tu ne vas pas si mal que ça, ta société est plus malade que toi. Ton corps est simplement en train de te dire qu’il n’aime pas la vie que tu mènes. Écoute-le, change de vie, fais ta vie toi-même, deviens anarchiste, et ça s’arrangera. »

Oui, bien sûr. Tout cela, un médecin ne le dit pas et cela ne serait pas du tout dans son intérêt de le dire.

Les médecins sont des professionnels de l’utilisabilité du corps social par les classes dominantes donc par l’État

Leur rôle, leur spécialité, ce n’est certainement pas de donner aux personnes ce qu’elles veulent, ce dont elles ont besoin.

Ainsi, il ne s’agit pas pour le médecin dans une consultation lambda de chercher à comprendre qui il a en face : quelle vie est-ce, quelle personnalité est-ce, quelle sensibilité est-ce, quels moyens corporels et quelles limites est-ce, non, tout cela le médecin n’en a strictement rien à branler.

Le médecin veut 3 choses : 1/ faire son fric, 2/ garder le pouvoir,  et 3/ que le patient-travailleur-citoyen soit en état de fonctionner.

Si la population triste, fatiguée, déprimée, violée, incestuée, misérable, peut prendre des cachets et continuer d’aller au boulot tous les matins et rentrer en famille, ou pas, tous les soirs, le médecin a fait le boulot. Si la population devenait joyeuse, libre, autonome, créative, vigoureuse, ça serait la ruine de la médecine et une sacrée catastrophe pour les hommes d’État : ils n’auraient plus personne à soigner ni à contrôler, car des gens sains de corps et d’esprit refuseraient évidemment qu’un monstre froid et une clique de grands connards les instrumentalisent.

L’exercice semble délicat du coup : il faut faire vivre la population.., mais pas trop. Il faut garder les gens malades, et abonnés à la médecine. Il faut qu’ils viennent plein de fois chaque année, à tout propos, un rhume, un cancer, une lombalgie, une verrue sur le pif.

Les anti-dépresseurs et les antibiotiques ont donc été, et sont toujours, les grands remèdes-miracles du charlatan occidental, ses drogues de dealer d’État. Avec ça, ils calment la plupart des fièvres sociales, des inquiétudes taraudantes, des colères rentrées, des vécus de mabouls qui nous empêchent de dormir.

Sous camisole chimique, le peuple fait beaucoup moins chier que « non-traité ». Ces drogues – car il faut bien appeler un chat un chat, j’envoie se faire foutre leur nomenclature d’apparatchiks ayant prêté le serment d’Hypocrite 🙂 – présentent l’avantage de n’imposer chez les « patients » aucun changement de mœurs, ni de comportement, ni de vie, ni de situation familiale, sociale et professionnelle, ni de mentalité ni d’idéologie. Tout peut rester tel quel, aliéné, inhumain, injuste, dés-approprié, surpeuplé, névrosé, sans âme. Cela garantit que les maladies vont continuer à sévir, et donc que les vampires qui vivent de la souffrance d’autrui vont pouvoir continuer à pomper du fric.

La dépression, ou comment inventer une maladie pour toucher le pactole tout en contrôlant les populations

Si on prend le problème de la dépression, devenue une des « maladies majeures de la modernité », on découvre que :

  • Cette pseudo-maladie n’existait pas avant qu’on la définisse… c’est essentiellement la psychiatrie du 20è siècle qui en a fait une description en tant que maladie. (On n’oubliera pas que ces experts avaient aussi défini très strictement l’homosexualité comme – ça dépendait, ils ont eu toute une série d’opinions à ce sujet… : un trouble de l’identité, une déviance comportementale, une perversion sexuelle, une maladie mentale, etc. Ils ont enfermé ainsi, très logiquement et avec le soutien intégral de l’État, des milliers d’homos hommes et femmes. Ils les ont forcés à se confesser, à culpabiliser, à prendre des médicaments, à avoir des relations sexuelles hétéros, à se marier, etc. Tout ça pour, finalement, admettre qu’ils avaient inventé la pseudo-maladie de toutes pièces, et la déclassifier, l’ôter de leur saloperie de Bible à eux, le DSM-IV…)
  • Comme par hasard, cette pseudo-maladie n’apparaît que dans un contexte de société capitaliste fortement industrialisée, urbanisée, individualiste, « anomique » comme disait Durckheim, désagrégée, inégalitaire.

Qu’en disent-ils, de la dépression ? Ils ont tout un tas de sornettes – « prouvées » par des études qui se contredisent et sont d’ailleurs souvent falsifiées par ceux qui les mènent (comment choper la gloire, sans tricher, quand on est con comme un médecin ? Pas moyen : seule la triche peut garantir le résultat.) Ainsi, la dépression serait selon eux d’origine génétique (« euh, dans ce cas monsieur le grand scientifique, pourquoi on n’en trouve pas dans d’autres cultures et à d’autres époques ? ») , ou comportementale, ou cognitive, et pourquoi pas extra-terrestre ? Ils font rarement, très rarement le lien avec la sociologie, la politique ou l’histoire : eh oui, nos dominants de la compétence ne sont compétents que dans leur ridicule petit secteur pharmacologique. Le holisme, pour eux, c’est probablement le nom d’une secte exotique.

Moi qui connais bien de l’intérieur ce qu’on appelle « dépression », et qui ai croisé pas mal de « dépressifs » dans ma vie, je peux vous dire ce que j’ai vu : c’est une sorte de syndrome en effet qui allie des idées, des sentiments et des comportements qui en découlent. Je suis parfaitement convaincu de ce que je vais affirmer :

1/ La dépression n’est PAS une maladie organique.

2/ La dépression ne peut donc pas se soigner à coups de médocs (ni de drogues).

3/ La dépression est une maladie de la société moderne exclusivement. C’est un syndrome qui prospère en milieu capitaliste. Le syndrome fonctionne sur la base d’une auto-élimination du sujet en réaction au contexte social. Délaissés par leur famille, sans perspectives professionnelles réjouissantes, menacés de paupérisation dans un monde où la richesse matérielle est la valeur suprême, celles et ceux qui manquent de quelque chose se dévaluent, se rejettent, refusent de s’écouter, se retrouvent incapables de s’assumer, perdent l’espoir, se jugent indignes d’amour. Ils et elles ne croient plus en leur capacité à mener une vie heureuse dans un monde trop compliqué où ils et elles ont le sentiment de ne pas avoir leur place, de n’être qu’une personne parmi des milliards d’autres, et dont la voix ne compte pas. Celles et ceux qui par exemple se jugent ou se savent moches, ou pauvres, ou vieux, ou isolés, ou peu intelligents, calculent que dans un monde hyper-sélectif et ultra-compétitif comme le nôtre, ils n’ont aucune chance d’être respectés et jugés dignes d’intérêt. Donc, ils s’autodétruisent.

4/ La dépression est aussi par définition le syndrome des victimes : victimes d’abandon, viol, violence, inceste, trahison, mensonge. Là encore, rien de tout cela n’est sourcé dans le sujet, cela vient de l’extérieur – les parents, souvent, la famille élargie, la plupart du temps – et, loin d’être un phénomène à l’échelle des individus, c’est un effet de structure sociale : la famille nucléaire crée de la névrose et de la violence en masse, en asphyxiant les esprits et les corps dès le plus jeune âge. La corrélation entre le fait d’être victime et le fait d’être demandeur et consommateur de médicaments psychiatriques et de drogues, est établie et avérée. C’est même une évidence.

Il se trouve qu’on ne peut pas soigner par des médicaments et des molécules la solitude dans des villes millionnaires, ni le viol, ni l’absence de futur dans une monde d’écocide où chaque consommation nous rapproche un peu plus de la mort de toutes les espèces par le fait d’une seule, un primate fou qui a pris le pouvoir sur l’univers, et qui en jouant avec, l’a détruit.

J’ai pris l’exemple de la dépression mais je pense aussi que plusieurs autres de leurs classifications sont archi-fausses, basées sur de l’idéologie qui ne dit pas son nom et pas sur de la « science ». Ainsi, je doute fort de l’existence de leur « psychose maniaco-dépressive« , je doute de pas mal de leurs diagnostics de « schizophrénie« , je doute très fortement de leurs mesures d’intelligence et de déficience intellectuelle, etc.

J’ai relu un manuel de psychiatrie il y a pas longtemps, « Psychiatrie de l’étudiant » par Michel Hanus (c’est vraiment son nom !) C’est rempli de descriptions fumeuses à souhait, et on enseigne ces merdes fumantes en université à des milliers d’étudiants, qui en sortiront souvent convaincus de l’existence de ces maladies.

Ce qu’on observe en vérité, c’est que celles et ceux qui s’en sont fait une spécialité ne sont d’accord sur rien :

  • les contours des maladies varient en fonction des angles d’approche,
  • les explications et les causes avancées varient du tout au tout,
  • les traitements également varient dans des proportions gigantesques (devant le même patient, un généraliste, un psychiatre, un psychologue comportementaliste, et un psychanalyste, auront 4 approches totalement différentes ; l’un verra une maladie psycho-affective, l’autre un dysfonctionnement organique, le troisième un bug d’apprentissage, et ainsi de suite ; tous pensent avoir raison sur les autres).
  • et que la notion de santé psychique ou corporelle ne fait pas l’objet d’une description claire et universellement acceptable.

Ce dernier point est déterminant : s’ils ne peuvent pas dire ce qu’est la santé, ils ne peuvent pas dire ce qui est maladie ou santé, et donc ils feraient aussi bien de fermer leurs gueules. CQFD – je viens de dégager des centaines d’autorité médicales en un seul paragraphe là, comme quoi intellectuellement ça va, ma toxicomanie cannabique me laisse un peu de répit pour respirer certains jours 😉 (j’écris cet article sans fumer, j’ai fini ma beuh hier, pour info, j’en rachèterai 10 grammes dans 2 semaines environ, que je me fumerai en 1 semaine à peu près.)

Cela signifie que des millions de consultations remboursées, de prescriptions médicamenteuses remboursées, sont médicalement totalement à côté de la plaque, et constituent des erreurs médicales aussi caractérisées qu’impunies.

Ces fausses consultations et ces prescriptions laissent les problèmes subsister pendant des décennies (ex, ma mère : 20 ans d’anti-dépresseurs, résultat elle n’a jamais récupéré et elle est détruite psychiquement ; elle a été violée enfant et ses problèmes d’adulte venaient en grande partie de là, mais aucun médecin pendant environ 50 ans n’a détecté ce problème, aucun n’a écouté, aucun n’a même essayé de tendre l’oreille. Le généraliste qui la voyait avec des traces évidentes de coups sur le visage, n’a jamais rien fait pour la sortir de la violence conjugale. Bien joué les gars, vous êtes très fins ! très éthiques !)

La situation de lamentable échec thérapeutique généralisé ne semble pas choquer les dealers en blouse blanche, et leurs superviseurs des Ministères et des Agences : au lieu de régresser comme elle aurait dû le faire si le produit avait prouvé son efficacité, la consommation de médicaments-camisoles chimiques a sans cesse augmenté.

Quand un médicament marche, il annihile la maladie et disparaît avec elle, c’est le cas des médicaments contre le typhus, la variole, le choléra, on n’en a presque plus besoin dans les sociétés scientifiques. L’hyper-consommation d’anti-dépresseurs prouve l’échec total et flagrant de la démarche pharmacologique, qui du coup apparaît fortement suspecte.

Pour lâcher l’affaire et admettre qu’ils ne sont que des parasites du système de santé, les médecins devraient d’abord accepter le fait que… la dépression n’est pas une maladie médicale, mais socio-politique.

Pour traiter les maladies socio-politiques, les médocs ne sont d’aucune utilité : la société malade a simplement besoin d’une révolution pour revenir à des standards éthiques moins ravageurs. Or, ceci impliquerait d’en finir avec le mode de vie dont ces médecins presque toujours bourgeois font partie : la plupart ont une voiture, sont mariés, fondent une famille (et placent les enfants dans de bonnes écoles, les encouragent à faire des études prestigieuses, à avoir un avenir, du coup ces gens dépriment moins que les autres), possèdent une maison, bref, ils sont du bon côté du Mal).

Ce mode de vie, c’est d’ailleurs en partie eux qui l’ont décidé en participant intensément à la vie politique – toujours à droite plutôt qu’à gauche, d’ailleurs, comme les avocats – en établissant les règles de leur jeu : en définissant ce qu’est la maladie et ce qu’est la santé, ce qui est sale et ce qui est hygiénique, ce qui est drogue illicite et ce qui est médicament licite, ce qui est toxique ou non-toxique, ce qui est bon et ce qui est mal, ce qui est de salut public et ce qui ne l’est pas, ce qui a le droit de vivre ou de mourir, etc. Spécialistes de la vie, ils ont cru bon de se mêler de tous les aspects de l’existence d’autrui. Moi, en bon politicien libertaire, je ne vois pas ça d’un bon œil, donc va te faire mettre, enflure médicale.

Si on reprend la question de la dépression du point de vue de celles et ceux qui en souffrent, on constate que beaucoup n’ont pas confiance en la médecine occidentale et ne lui demandent donc pas de soins. La psychiatrie étant répressive par nature, ils n’y vont pas. La psychanalyse n’étant pas remboursée, ils n’y vont pas non plus. Du coup, les souffrances restent : les maux, les douleurs, les sentiments pénibles, les idées noires, le pessimisme, le découragement… C’est ce qui fait du déprimé un excellent client pour les dealers.

Le dealer, comparé au médecin, est quelqu’un de fondamentalement honnête, car il dit clairement que tout ce qu’il a à vendre, c’est de la came, et que s’il fait ça, ce n’est pas par goût ou par passion, c’est pour le fric. C’est le cas aussi de la plupart des médecins, mais eux iraient prétendre le contraire. Ils parleraient de leur « vocation de soigner », de leur « passion pour autrui », ils iraient peut-être même jusqu’à évoquer leur foutu « Code de déontologie » (et mon cul c’est du kébab bio) et ils nous joueraient même un peu de violon pour nous  distraire 5 minutes, bref, ils seraient prêts à tous les mensonges pour cacher leur jeu – leur intérêt de classe et de corporation.

Le déprimé va voir le dealer pour se changer les idées avec la came. Le grand souci, l’enjeu n°1, c’est d’oublier cette vie atroce qu’on mène par ici. Le déprimé recherche en priorité une camisole chimique pour ne pas souffrir. Certains préfèrent les excitants, ou les euphorisants, pour vivre enfin une joie qui ne naît pas spontanément de notre présence dans ce monde scandaleux. D’autres préfèrent les calmants et les anesthésiants, pour mieux commencer à savoir ce que c’est que d’être mort. Moi, je prends des drogues qui stimulent la créativité, pour mieux m’évader de l’Occident et oublier tout ce qu’il m’a fait subir avant que j’aie eu la capacité de m’en protéger.

On voit que le médecin et le dealer sont en compétition pour exactement le même marché colossal : la masse de souffrance humaine générée par la modernité aliénante et qui cherche à sortir de là. Le médecin s’allie avec l’État et fait condamner le dealer à n’opérer que dans l’ombre, tandis que lui officie au grand jour. Le résultat est le même : stone avec de la beuh ou du Tranxène / Valium / Lexomil, la belle affaire. J’ai essayé les deux, et finalement je préfère la beuh.

Comment les niquer ?

Eh oui, c’est la question centrale, après tout.

Eh bien je peux suggérer diverses pistes :

  • 1/ Quand ils se comportent comme des tanches sourdes et muettes, il faut refuser de les payer : nan connard, tant que tu fais pas le boulot, tu reçois pas le salaire ! Touche pas à ma carte vitale avec tes sales pattes de sagouin ! 🙂
  • 2/ Quand ils prescrivent de la merde pendant des années, on peut les faire condamner pour mise en danger de la vie d’autrui, par exemple si ce sont des benzodiazépines qu’ils ont prescrit pendant 10 ans, c’est dangereux, donc on peut les faire mettre au cachot, ou du moins essayer, en espérant qu’ils changeront de métier et deviendront des dealers honnêtes. Quand on constate qu’ils ne font pas faire les examens de base pour tel ou tel problème, là aussi on peut trouver des manières de prouver les faits. Cela suppose de venir chez son docteur avec une bonne dose d’esprit critique, histoire de pas se faire enfumer par ce rusé renard.
  • 3/ Se passer d’eux aussi souvent que possible !!! La plupart des rhumes guérissent seuls. Plein de petits bobos sont soignables par des plantes : c’est plus joli, ça n’enrichit pas des crevards malfaisants, et ça rend hommage à la nature. Le meilleur remède c’est évidemment d’éviter autant que possible tout ce qui est toxique dans notre monde, entre la pollution des airs, des sols et des eaux, le nucléaire, la bouffe industrielle, les expériences de sorcellerie scientifique sur le vivant, les ondes électromagnétiques, on dirait bien que c’est la société capitaliste qui est toxicomane, « folle de toxiques ». Vivre simplement et surtout, écouter ses rythmes et ses envies. Le médecin a tort, le corps a raison, voilà un bon principe.
  • 4/ N’avoir aucun scrupule à instrumentaliser ce système. C’est ce que j’ai fait l’année dernière. J’ai exigé et obtenu une radio des poumons. 20 ans de tabagisme déjà, et à 35 ans j’ai les poumons gris. Ils ne m’ont filé aucune solution anti-tabac sérieuse, bien sûr. Faut-il rappeler, comme nous l’a appris une série d’articles de presse l’année dernière, que pendant des décennies des médecins malhonnêtes (pléonasme !) ont aidé l’industrie du tabac à prétendre que le tabac n’engendrait ni cancer, ni pollution de l’air… Ce sont également des médecins et des spécialistes de la biologie (et du fric) qui ont ajouté les sucres au tabac pour renforcer le côté addictif de la nicotine. Ils ont très bien su comment m’intoxiquer à mort, les hygiénistes, mais quand je viens le voir pour me délivrer de cette addiction qui, contrairement au cannabis, ne me sert à rien, là, ils n’ont plus rien à dire ces blaireaux. Utiliser les médecins pour se faire prescrire tout et n’importe quoi, c’est facile, je l’ai fait. J’ai obtenu, sur simple demande, des somnifères (que je n’ai pris qu’une fois lors d’une grave crise), de la paroxétine (un anti-dépresseur, que j’ai arrêté au bout d’une semaine), et même du lithium, susbstance très dangereuse, dont j’ai dû prendre 2 ou 3 comprimés avant de balancer la boite aux chiottes sur conseil insistant de mon psychanalyste – c’est la seule fois à peu près où il est sorti de son silence, pour me mettre en garde contre l’effet dévastateur que le lithium allait avoir sur ma créativité. J’ai bénéficié de ces prescriptions sans aucun examen sérieux. De simples déclarations ont suffi. Exactement comme avec le dealer : « tiens, tu m’en mets pour 100€ steuplaît ? »
  • 5/ Régler les problèmes en s’attaquant aux vraies causes et pas juste superficiellement en s’abonnant à des remèdes éternels contre les symptômes. Ainsi, l’insomnie ne doit pas, jamais, être soignée par des cachets, mais par des modifications de style de vie. Trop de stress ? Coupez les sources, au lieu de vous laisser vous faire assommer d’abord par le stress et ensuite par les cachetons.
  • 6/ Essayer d’autres thérapies, dans le cas de problèmes ayant des causes psycho-affectives : la psychanalyse, la Méthode Grinberg, le yoga, l’hypnose éricsonienne, la communication non-violente, la sophrologie, la relaxation, la méditation, diverses formes d’activité physique, plein de disciplines artistiques qui sont bonnes pour le développement intellectuel et affectif, bonnes pour la confiance en soi, bonnes pour aimer ses propres compétences et bonnes pour se faire apprécier par autrui. Moi, l’écriture a été mon premier médecin et je suis revenu de très loin simplement en lisant et en écrivant. Cela a calmé mes angoisses, m’a aidé à gérer mes sentiments et mes émotions, à leur donner une forme et une place, et à me donner l’identité qui me manquait. La beuh m’a servi à la fois d’euphorisant et de calmant, de régulateur auto-géré de mes humeurs. Polytraumatisé, victime d’une bonne dizaine d’atteintes graves à mon intégrité psychique, je me suis guéri simplement en utilisant des mots, des idées, de la beauté, et des petits joints. Heureusement j’ai pu passer toutes mes épreuves sans me faire choper par la clique psychiatrique, qui m’aurait sans doute tué.
  • 7/ Dé-légaliser le monopole des médecins à l’occidentale, et autoriser la pratique médicale à toute personne qui le souhaite. On ne jugera les pratiques qu’à leurs résultats. On dénoncera les charlatans, de quelque courant qu’ils soient, psychiatres ou vaudous.
  • 8/ Légaliser et décriminaliser toutes les drogues, pour deux raisons : 1/ le corps est la propriété de celui ou celle qui l’habite, et personne d’extérieur n’a autorité pour prescrire ou interdire une consommation de drogue. 2/ L’auto-médication par les drogues est en soi plus responsabilisante qu’une médication venue de l’extérieur, à base de produits souvent aussi voire plus dangereux que les drogues. Notamment et en priorité, légaliser la plus belle de toutes les drogues, le cannabis !

Conclusion

Voilà, je pense qu’après un tel article, je ne vais pas remettre les pieds chez un dealer légal d’ici un bon moment 😀

Et j’espère bien que vous non plus !

Pour assassiner la médecine occidentale dans tout ce qu’elle a de ringard, d’incompétent, de fascisant, de répressif, de normatif, il y a un moyen simple, universellement applicable, et sans violence aucune : il suffit de ne pas aller les voir. Il nous faudra toujours des chirurgiens compétents, des dentistes, des dermatologues. Mais il y a quand même un bon nombre de purs parasites dont on se passera très bien : on ne s’en portera pas plus mal, et ça nous coûtera beaucoup moins cher !!!