Présentation

Des fils, un noeud, un dénouement : roman d’atmosphère noire, Scènes de la vie occidentale effectue des branchements au cœur de la nuit.

Le lieu du drame est la réalité la plus banale. A Lille, en 2002, un soir aux alentours de 23h – mais il est 23h en permanence et l’heure du crime attend toujours – 5 personnages sont impliqués dans un accident de voiture en plein boulevard. Il y a ceux qui vont en mourir et ceux qui regardent de loin. C’est la partie STOP, qui après un panorama des ruines de notre monde, entreprend de faire marche arrière – REWIND – pour revenir aux sources et essayer de comprendre comment la confrontation des uns et des autres mène à leur destruction complète.

Dans REWIND, des radios – est-ce l’autoradio des voitures sinistrées, qui tourne encore, ou sont-ce les voix profondes des consciences agonisantes ? – exposent l’enfance et la jeunesse de chacun des 5 protagonistes de l’accident – ou plutôt de l’Occident, mais c’est la même chose. On revient ainsi sur Arnaud Villeneuve, enquêteur philosophique perpétuellement en quête d’une vie meilleure et perpétuellement en proie à une vie dégradée. On revient sur Alice Mathieu, fille aliénée d’un père paysan brutal, et qui passe sa jeunesse à l’asile. Il y a Estelle-Irène Huck, jeune fille de bonne famille, sans problème autre qu’un profond et persistant sentiment de vacuité qui la mène à vouloir aider les autres et à devenir psychiatre – sauf qu’elle n’arrive déjà pas à s’aider elle-même. Il y a Paul Appelbaum, fils d’un père ultra-violent de la banlieue d’Angers, et qui, une fois adolescent, va retourner le rapport de force et éliminer sa famille. Il y a enfin Anna Ash, fille d’un diplomate français en mission en Argentine, qui grandit délaissée, cherche et perd la foi, et passe le début de sa vie adulte à chercher une vengeance contre l’absence d’amour. Le suivi de tous ces fils biographiques entremêlés nous mène à quelques jours ou quelques heures avant l’accident.

Dans PLAY, on relance l’action et c’est reparti : les 5 acteurs prennent leurs marques et leurs positions arbitraires et contingentes pour en revenir encore et toujours à la même chose : la mort accidentelle, le carambolage occidental. Mais c’est trop.

Alors l’auteur intervient. Dans EJECT, au moment précis de l’impact qui se rejoue encore une fois, il révèle que tous ses personnages hyper-réalistes sont des fictions qui se dissolvent dans la chambre-conscience où il travaille et s’agite en vain. Les personnages agonisants deviennent les meubles inertes qui l’entourent, tandis que le drame change de dimension : ce ne sont plus 5 personnages jetés les uns contre les autres dans le vide contemporain, c’est la lutte épique de Sparte contre Persépolis. Qui l’emportera ? FIN.

Chapitres

1. STOP

2. REWIND

Document : Alice Mathieu. Bébé pleure dans la cour

Document : Anna Ash. Agua, nada mas que agua

Document : Paul Appelbaum. L’art à mains nues

Document : Estelle-Irène Huck. Joie MMS, 30 mg

3. PLAY

4. EJECT

 

CRASH