VIVRE LIVRE OU MOURIR

L’autre fois, je me suis rendu de moi-même à la bibliothèque, – même si je n’avais rien fait pour mériter cette reddition.

J’ai tourné la page.

Je me suis refermé.

Je me suis sagement remis dans le rang.

Majuscule, point à la ligne.

Depuis, je prends la poussière en attendant qu’on m’ouvre en deux et qu’on me déplie à nouveau comme avant, quand mes mots obscurs voyaient la lumière de leurs yeux terrifiés.

***

Déchiré, écarté, séparé.

Tu voudrais recoller les morceaux mais tu te sens fragmenté,
Déchiré, écarté, séparé.

Tu voudrais jouer à l’enfant mais tu t’es bien trompé
T’as mis ta bite dans une étoile, ça pouvait pas coller.

Tu sais pas faire la femme donc arriva ce qui devait arriver
T’as mis tes couilles dans un carré, t’as fini castré.

T’as essayé de faire rentrer ton bordel dans ses charniers. Et là encore, raté !
Ton équation dans son triangle s’est fait trianguler.

Tu voudrais recoller les morceaux mais tu te sens fragmenté,
Déchiré, écarté, séparé.

***

C’est l’histoire d’une femme et d’un homme qui se rencontrent sur la banquise, en Antarctique.
La femme :
– Brrr… je suis gelée….
L’homme :
– Aglaglagla… moi aussi….
5 minutes passent.
La femme :
– Dis…. T’aurais pas un gode chauffant par hasard ? ça m’aiderait….
L’homme :
– Ben si attends voir !! Tiens en voilà un. Et toi… T’aurais pas un chauffe-bite de poche sur toi par hasard ?
La femme :
– Voyons voir… ah oui tiens, en voilà un !!
Bref. C’était l’histoire d’une femme et d’un homme, représentants en électro-ménager, en Antarctique.

***

Bonne nouvelle : la beauté est vivante.

***

Tellement tu m’emportes,
je t’emmène en moi.

***

Tu es belle comme un igloo au Cameroun.

***

Je t’aime comme la vie sur terre.

***

Tu es mon caramel au sucre,
mon alcool mariné au vin,
tu es mon délice et mon stupre,
le petit chat de mon gros lapin.

***

Pourquoi ressembles-tu
à une sucette d’envergure mondiale
alors que ma bouche est si petite ?
et pourquoi tes dents
ont-elles croqué dans ma planète
me laissant craqué dans mon sang
craquant ?

***

Je t’aime comme un glaïeul dans tes roses,
comme un moineau dans tes oiseaux,
comme un charme dans tes forêts,
comme un chat dans ta chatte.

***

Je t’aime comme un poulet égorgé.
Tu me manques comme la tête au corps.
Ton absence se baigne dans notre sang.

***

Pourquoi ?
Pourquoi, pourquoi, pourquoi, pourquoi ?
Et pourquoi, pourquoi, pourquoi, pourquoi ?
Je ne sais pas.
Et pourquoi ?
Je l’ignore.

***

Je n’écris plus de poèmes,
Je préfère arrêter.

Il n’y a plus de gens qui s’aiment,
Entre nous c’est raté.

Ecrire c’est plus la peine,
C’est un truc de tarés.

Lire déjà j’en suis blême,
J’ai même pas commencé.

***

NAZI NAZI PORNO PORNO COEUR COEUR

Ma vie est comme un porno.
Le scénario bâclé tient en une ligne :
Je me fais enculer par la moitié de la population pendant 40 ans.
Tu l’as vu ?
Tu regardais juste, ou tu exerçais tes droits ?

***

Tout est si éphémère,
Même l’amour éternel.

Tout est si éternel,
Même l’amour éphémère.

***

J’ai retrouvé la beauté
où tu l’avais laissée
gisant près des poubelles
toujours aussi belle
assassinée, saignée,
rêvant d’une vie nouvelle

***

Je suis le rat dans ta bouche
Le rasoir dans ta douche
La merde dans ta couche
La terreur quand tu me touches

Je suis le soleil qui crève
L’infini dans ton rêve
La guerre totale sans trève
La mer morte sur la grève

***

Le ciel s’est déchiré
Et ta robe s’est couverte
Le soleil s’est relevé
La terre en était verte

***

Elles sont venues me voir,
Femmes témoins de Jéhovah
J’venais d’me lever dans le noir
J’leur ai parlé d’Allah.

La blonde était jolie
Et elle portait du rouge
J’l’aurais bien mise au lit
Voir comme une chrétienne bouge.

Puis Jésus arriva
« Vous n’êtes que des cloportes
Shoah, Gaza, Rwanda »
Il a refermé sa porte.

***

Dans les forêts mystérieuses
Il y a des vies tristes et rieuses
Qui dansent devant des pluies radieuses
Dans les forêts mystérieuses

Dans les ghettos des parias
Il y a des rats morts et des rats
Qui se traînent malades de malaria
Dans les ghettos des parias

Alors que dans les plaines des peines
Seules quelques molles rivières s’entraînent
A nettoyer nos sales rengaines
A délaver tous mes poèmes.

***

Le soleil nous couvre d’amour
La ville déborde de gens heureux
Et la mer et la joie nous entourent
De leurs enfants harmonieux

Un temps, un an, un soir, un jour.
Un souhait, un vœu, un rêve, un jeu.
Salut, ça va, bonsoir, bonjour.
Au revoir, bonne nuit, bonne vie, adieu.

***

Où est-elle la beauté
sur les écrans bâclés
de la réalité

Où est-il l’érotisme
dans les corps meutris
de l’anti-terrorisme

Où est-elle l’équité
dans les tribus parquées
des villas bétonnées

Où est-il l’amour
sur le radieux parcours
de chaque jour

Elle est dans ton regard.
Il est dans ton coeur.
Elle est dans ta tête.
Il a disparu.

***

Poème dont j’ai rien à foutre
Histoire que j’te raconte pas
Épopée sur la queue d’une loutre
Autobiographie à papa

Roman de chiottes de gare
Tragédie à Tahiti
Essai de fiotte sur le lard
Recueil de hachis

Pamphlet dans ta gueule
Satire contre toi
Elégie très seule
Apologie des bois.

Poème dont j’ai rien à foutre
Histoire que j’te raconte pas
Dans ton oeil j’écris le mot poutre
Même si écrire au fond j’aime pas ça.

***

Fantôme, je t’aime.

***

Un jour il deviendra heureux
Avec des bijoux camaïeu
Une touche de beige sous son drap bleu

Un jour il aura des ennuis
Couchés à plat dans son grand lit
Fait d’une fourrure de canari

Le lendemain il passera aux aveux
Il aura des blessures, des bleus
Il y perdra un oeil sur deux

Le surlendemain il repensera
Au cul aux fesses aux falbalas
Et puis soudain il crèvera.

A cet instant il sera mort
Il sera invincible et fort
Mais sa vie le tuera encore.

***

ON A PERDU L’AMOUR

Tu l’as vu ?
Qui ? mon cul
Il s’est pendu
Au bahut

Tu l’as toujours ?
Quoi ? Mon amour
Gazé au four
D’une de tes tours

Tu l’as revu ?
Qui ? mon dû
Il a fondu
A Honolulu

Tu l’aimes encore ?
Quoi ? la mort
Oui, très fort
Elle m’adore.