Une nouvelle idée me turlupine (ou bien c’est le manque de cannabis qui m’empêche de dormir) : comment aggraver mon cas ?

D’abord je il faut que je cite Cocteau deux fois, il a dit :
« Il faut savoir jusqu’où on peut aller trop loin »
et
« Ce que l’on te reproche, cultive-le, c’est toi ».

Conseils avisés que j’ai passé ma vie adulte à appliquer à la lettre. Je vous les recommande !!

L’arrogance est une de mes marottes depuis l’adolescence : entouré de cons (parents, voisins, profs, élèves), mon esprit était nié, donc l’arrogance a été une forme de résistance intellectuelle, une technique de survie en milieu hostile (Chaumont quoi). Elle est aussi une forme, tout simplement, de lucidité, de conscience de soi. Je pige pas bien pourquoi il serait bon d’ignorer qui on est et où on se trouve, y compris par rapport à autrui.

Le côté odieux, lui, vient de ma grand-mère, cette pute perfide, et de ma mère, cette poubelle morale. Par ex une fois j’ai entendu ma mère dire qu’elle s’en foutait de mettre le feu à son lit et de tuer un enfant malade qui dormait au-dessus de sa chambre, c’est un des pires trucs que je l’aie entendu dire, j’ai eu une fois de plus envie de la liquider et une fois de plus je ne l’ai pas fait (j’ai honte de moi là-dessus, on devrait pouvoir tuer dans certaines circonstances ! car parfois ça vaudrait simplement mieux pour tout le monde.)

Le personnage de KINSKI, roman auquel j’ai travaillé plus de 10 ans, avait ces deux traits de caractère très poussés, j’en jouais jusqu’à la caricature, par cynisme et par goût de la satire.
Mais au-delà de ces explications, il faut que vous compreniez que l’arrogance et le côté odieux ont un sens politique et philosophique. Ils disent MERDE aux valeurs chrétiennes, à l’hypocrisie bourgeoise, au mensonge bien-pensant, à la fausse gentillesse, à l’altruisme truqué, et évidemment à cette culture atroce du mensonge socialement acceptable qu’est la politesse.

La question est donc : comment faire pire que ce que j’ai fait dans KINSKI – où par exemple Kinski, dans le livre 4, extermine son public démocrate-chrétien et hippie, 12 000 personnes, pour leur faire payer le nazisme auquel il a lui-même participé étant ado, après leur avoir raconté dans les détails l’histoire sordide d’un Jésus-Christ qui revient sur terre, à Auschwitz, pour récupérer son slip égaré lors d’une orgie ?

Il faut éliminer les solutions trop simples, comme le fait d’être vantard à tout bout de champ ou de me foutre ouvertement de la gueule du monde, ou de la tienne, toi qui me lis. C’est utile, certes, pour détruire ton idéologie et rendre le monde meilleur, mais pas assez. Je cherche des solutions plus fortes, des remèdes plus radicaux.

Il faut que j’aille plus loin pour vous sauver de vous-mêmes.

Il y a un gros souci dans l’humain vous savez, c’est que votre niveau de logique ne changera jamais, il est fixe, votre marge de progression est mineure donc si depuis votre naissance vous raisonnez mal, vous pensez « pas loin », vous resterez toute votre vie dans votre incapacité. Vous aurez une vie ordinaire due à une morale sans intérêt.

Mais heureusement, il existe quelques méthodes pour fracasser votre coquille de noix et vous laisser entrevoir le fait qu’en fait, IL N’Y A PAS DE LIMITES (puisque comme je l’ai prouvé par la pensée, on peut changer les constantes de l’univers, si on veut).

J’ai pas les solutions là tout de suite, mais j’ai posé le problème. Je vais réfléchir un moment, en filigrane. On verra comment je m’y prends pour vous montrer à quoi peut ressembler la vie quand elle est bien pensée.

Déjà, connard, connasse, rappelle-toi que tu vas crever d’un instant à l’autre.
Ensuite, note sur ton calepin que tu n’es qu’un peu de poudre de bactéries jointe par quelques litres d’eau. 
Enfin, sache bien que l’intelligence c’est comme la liberté, elles ne s’usent que si on ne s’en sert pas. Les deux ne sauraient consister à respecter des putes borgnes qu’on appellerait des « règles sociales », des conventions et ce genre de conneries qui ressemblent à des Tampax idéologiques usagés.

Allez à plus, j’ai une oeuvre existentielle à faire.